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LES TRACÉS D’INCISIONS CHIRURGICALES EN BOUCHE.

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Comment décider d’un tracé d’incision qui respecte le mieux les éléments anatomiques, et qui donne la meilleure cicatrisation post opératoire?

Ma très longue expérience de la chirurgie buccale (certaines mauvaises langues diraient sans doute « trop longue ») m’a amené à recenser un certain nombre d’erreurs que font les chirurgiens débutants. Et comme je constate avec grand plaisir que les étudiants et jeunes confrères francophones du monde entier me lisent de plus en plus, j’ai décidé de reprendre ce sujet pour lequel par paresse, j’avais tout simplement copié-collé un article publié en son temps dans l’Information Dentaire.

Les erreurs les plus courantes sont faciles à éviter:
– tracés d’incision mal conçus, ne respectant pas les différents éléments du parodonte
– Incisions trop petites ne permettant pas une bonne visibilité pour le praticien et son aide opératoire, ou ne permettant pas le maintien du lambeau par un écarteur
– incision à un emplacement où il y aura une perte osseuse en fin d’intervention, avec des sutures non soutenues qui vont fatalement lâcher sous la pression des aliments
– tracé qui donnera un mauvais repositionnement du lambeau au moment de suturer, d’où des sutures mal faites.

Voici donc les règles générales que je recommande pour les tracés d’incision:
en premier lieu, respecter les éléments anatomiques importants, comme par exemple le nerf lingual dont le trajet est sous muqueux.
– ne pas hésiter à ouvrir large pour y voir clair et pour que les sutures en fin d’intervention se trouvent situées sur un plan ferme et sain et non pas au dessus d’une cavité.  Ne pas oublier que plus un lambeau est petit, plus il est difficile à maintenir avec un écarteur.
– ne pas oublier qu’en bouche, la vascularisation et l’innervation se font de distal en mésial, il faut donc éviter les incisions de décharge qui coupent ce courant.

La vascularisation et l'innervation se font de distal en mésial.
La vascularisation et l’innervation se font de distal en mésial.

Il vaut mieux inciser et décoller le feston gingival qui se remet parfaitement en place et cicatrise très bien.
Cette règle est aussi valable pour la muqueuse palatine, qui est très fibreuse, très vascularisée et richement innervée: il vaut mieux inciser dans le sulcus gingival aussi loin que nécessaire pour éviter une incision de décharge.

Pas de trait de décharge palatin. Uniquement incision du sulcus gingival.
Pas de trait de décharge palatin. Uniquement incision du sulcus gingival.

L’incision du sulcus se fait avec des lames pointues, n°11 droite ou n° 12 courbe, pour entrer jusqu’au contact osseux.

S’il y a un trait de décharge il doit être fait à la lame n°15 pour avoir un bon appui sur l’os.

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Si l’on n’a pas besoin de biseau, la lame doit être bien perpendiculaire au plan incisé.

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Lame n°15 permendiculaire au pan à inciser

Si le lambeau doit revenir exactement à la même place en fin d’intervention, il est préférable d’avoir des angles qui servent  de repères pour le repositionnement.

Incisionangulaire
Incision angulaire

Si le lambeau doit être repositionné différemment, il vaut mieux faire des incisions courbes ou en Z, pour pouvoir procéder à des glissements.
Sil y a un trait de décharge vertical, il doit se situer au 1/4 distal pour donner le meilleur résultat esthétique (perspective) après cicatrisation.

Incision verticale située au 1/4 distal.
Incision verticale située au 1/4 distal.

Pour une incision d’accès, le décollement doit être mucco-périosté: c’est à dire qu’il faut décoller le périoste avec la muqueuse. Le décollement se fait avec une rugine ou un syndesmotome en raclant l’os pour le mettre à nu.
EXEMPLES:      Dents de sagesse incluses

Dents de sagesse incluses.
Dents de sagesse incluses.
Dent de sagesse incluse du haut.
Tracés d’incision pour dent de sagesse incluse supérieure.
Tracès d'incision pour dent de sagesse inférieure.
Tracès d’incision pour dent de sagesse inférieure.

Résection apicale

Tracés d'incision pour résection apicale.
Tracés d’incision pour résection apicale.

Noter que si la dent est porteuse d’une céramique, il vaut mieux ne pas inciser le sulcus pour ne pas risquer une récession gingivale.

Pour une plastie ou une greffe, il peut être nécessaire de faire un lambeau d’épaisseur partielle, en laissant le périoste adhérent à l’os.

Gingivectomie:

Gingivectomie à biseau externe
Gingivectomie à biseau externe
Gingivectomie à biseau interne
Gingivectomie à biseau interne

Lambeau

Lambeau
Lambeau

Le lambeau pour chirurgie parodontale n’a généralement pas de trait de décharge, il se fait tout au long des collets dans le fond du sulcus gingival, et peut être assez large: on l’appelle alors « lambeau en casquette ».

Dans un autre article, nous étudierons les sutures.

 



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Dr. Albert Hauteville
Albert HAUTEVILLE Né le 17 Octobre 1935 . Chirurgien Dentiste diplômé de la Faculté de Médecine de Paris (Ecole Odontologique de Paris) en 1960, durant une période courte où les dentistes étaient formés par la faculté de Médecine et avaient la possibilité facultative de suivre en même temps les cours de médecine, ce qu'il a fait. Docteur en Chirurgie Dentaire. Docteur en Sciences Odontologiques. Certificat d'Enseignement Supérieur en parodontologie Diplômé Universitaire en Chirurgie Buccale de Paris V. Diplômé Universitaire en Parodontologie de Paris VII. Ex-Assistant à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Paris V. Ex-Assistant en Odontologie des Hôpitaux de Paris. Titulaire du Diplôme d'Etudes et de Recherches en Sciences Odontologiques. Ex Chargé de cours au Diplôme Universitaire d'Implantologie Paris V .Ex-enseignant auprès des écoles d’Assistantes Dentaires et d'Infirmières. Ex-Expert auprès de la Sécurité Sociale. Ex-Chef de Service de Parodontologie à l'Institut Eastman de Paris. Ex-Attaché de Consultation au Service de Stomatologie de l'Hôpital Ste.Anne à Paris. A fait des stages de formation en occlusodontie avec le Pr. JANKELSON et avec et le Pr. RAMFJORD. Co-auteur et responsable de publication du livre publié en 1989 en français et en italien, aux Editions Masson : "Manuel d'Odontologie Chirurgicale"(épuisé). Retraité depuis 2001. Service Militaire 1960-62 en temps qu'officier de réserve du Service de Santé. A exercé à Paris pendant 38 ans, et depuis 1976 exclusivement la stomatologie, à l'exclusion de toute prothèse ou soins dentaires: c'est à dire surtout la Chirurgie Buccale, Pathologie et Thérapeutiques, Parodontologie et Implantologie. A fait 18 ans de psychanalyse personnelle et des formations en hypnose, sophrologie, training autogène, Gestalt-thérapie, bio-energie, sexologie, et dynamique de groupe. Son fils Jean Philippe Hauteville, Prothésiste Conseil, apporte sa collaboration à la réalisation de ce blog, au niveau de tout ce qui concerne la prothèse dentaire. Le Dr. Hauteville, retraité depuis 2001 souhaite mettre ses connaissances et son expérience à la disposition de tous ceux qui le désirent, professionnels ou grand public, et répondre aux questions que voudront poser les lecteurs directement sur le blog. Publier des articles, regroupant les réponses aux interrogations des patients durant 40 ans, et des cours pour les étudiants en odontologie rendus accessibles à tous.

4 COMMENTS

  1. Au secours svp aide moi j ai des fort douleur au cervical et machoir aparamnet çes du àu mauvaise allignmen de mês dent j ai la migraine ki peu m aidé à trouver ce problem svp urgent sà fair 3 ans que j ai mal j ai meme dès douleur au haut du dos pour me soulagé fo que je fasse craqué mes vertèbre

  2. Commentaires, illustrations et conseils d’Incision Parfaits ! Je ne pratique que de la chirurgie depuis 34 ans, et conseille à tous les étudiants qui liraient les conseils du Dr Hauteville sur ce chapitre de s’en tenir au détails pour toutes les incisions décrites : il faut être assez large pour VOIR ce que l’on fait, et ne Jamais inciser, donc suturer sur la zone même de l’intervention mais à distance, en muqueuse saine.
    Cordialement – Dr B.P.

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