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ALVÉOLITE: CONSEILS AUX PRATICIENS.

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Voici ce que m’écris une jeune dentiste marocaine:
 » J’ai beaucoup trop d’alvéolites après mes extractions. Qu’est que je fais faux? »
Et je m’aperçois que j’ai un peu négligé les jeunes praticiens depuis quelques temps, trop absorbé que je suis à répondre aux patients. Je les prie donc de m’excuser et j’écris spécialement cet article pour ma jeune consoeur.

L’avantage d’internet est l’inter-activité, par rapport à un livre qui est statique. Il faut donc que toutes les catégories de lecteurs se manifestent et ne se laissent pas dévorer par la boulimie du grand public.

Tout d’abord je tiens à préciser que la technique du praticien est aussi importante que le comportement du patient en pré et post opératoire. La responsabilité des alvéolites est donc partagée entre le praticien et le patient. Mais l’information du patient doit être faite par le praticien…ce qui remet pratiquement toute la responsabilité sur le praticien. Reste bien sûr les 10% qui sont imprévisibles…et ceux qui ne respectent pas les conseils…

En pré opératoire

Il est préférable de prévoir une couverture antibiotique pour les dents infectées et pour les extractions difficiles.
Il est évident qu’il faut détartrer un bouche avant de se lancer dans une chirurgie.

L’asepsie

La stérilisation et le maintien de la chaîne de l’asepsie  pour l’instrumentation chirurgicale jusqu’à son utilisation a une importance capitale, et surtout son  maintien pendant toute la durée de l’intervention par l’usage de gants, masque et champs, et une bonne technique d’utilisation.
L’usage d’antiseptiques pour déterger le champ opératoire est indispensable.

L’anethésie

Les alvéolites sont à peu près aussi nombreuses sous anesthésie locale que générale, mais il est quand même important de tiédir l’anesthésique avant de l’injecter localement.

L’extraction

L’usages des daviers augmente les risques d’alvéolite, sans doute à cause de la dilatation des tables alvéolaires. Les extractions par séparation des racines donnent de meilleurs résultats.
Le parage de la plaie est important une fois terminé. J’ai toujours conseillé de serrer entre le pouce et l’index les deux tables osseuses pour les rapprocher le plus possible. Il est important que l’alvéole saigne un peu en fin d’extraction, et il faut alors mettre un tampon de compresses et faire mordre le patient pendant une demi heure et renouveler 3 fois pendant une demi heure.

Conseils post-opératoires

Pour gagner du temps et être sûr de ne rien oublier, voila l’imprimé que je remettais à chaque patient après une extraction:

-A la fin de chaque intervention chirurgicale, on vous pose un tampon de compresses que vous devez comprimer sur la plaie pendant 30 minutes
– on vous a remis un sachet avec 6 compresses stériles, prenez en deux et pliez les en 4 et remettez les en place comme elles étaient placées la première fois. Si on ne vous a pas remis de compresses, achetez en en pharmacie.
-renouvelez l’opération chaque demi-heure de façon à ce que la plaie soit protégée pendant 2 heures
-il vous a été remis un petit sachet congelé: mettez le tout de suite sur la joue et gardez le tout le temps qu’il est froid; ensuite mettez le au congélateur une heure et recommencez l’opération. Si ce sachet ne vous a pas été remis, utilisez une poche de glace.
-Le jour même et le lendemain, ne mangez que des crèmes glacées ou des sorbets, ne mangez rien de dur, ne mangez pas du côté opéré
-ne fumez pas pendant 2 ou 3 jours, plus longtemps si vous le pouvez.
-ne mettez pas votre langue sur la plaie et ne sucez pas dessus, ne buvez pas avec une paille
-en cas de saignement, remettez un tampon de compresses sur la plaie et renouvelez le jusqu’à cessation. Si le saignement est important, imprégnez les compresses d’eau oxygénée à 10 volumes pure.
-prenez systématiquement les médicaments qui vous ont été prescrits aux doses et horaires indiqués. N’attendez pas d’avoir mal pour les prendre.
-ne commencez les bains de bouche que 24 heures après l’intervention et au début, faites doucement.
-ne mangez ni ne buvez rien de trop chaud ni de trop dur pendant une semaine.
– ne commencez à brosser le secteur opéré que 2 jours après l’intervention et précautionneusement avec une brosse très douce.

Les personnes à risque

– Les femmes font plus d’alvéolites que les hommes en raison du cycle hormonal, ou par l’usage de contraceptifs oraux. Les femmes enceintes aussi sont des sujets à risques.
– Les fumeurs
– Les diabétiques

Malgré toutes ces précautions, il arrive quand même qu’il y ait des alvéolites inexpliquées.

J’invite les praticiens qui auraient des choses intéressantes à dire sur ce sujet de le faire sous forme de commentaire en dessous de cet article.



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Dr. Albert Hauteville

Albert HAUTEVILLE Né le 17 Octobre 1935
. Chirurgien Dentiste diplômé de la Faculté de Médecine de Paris (Ecole Odontologique de Paris) en 1960, durant une période courte où les dentistes étaient formés par la faculté de Médecine et avaient la possibilité facultative de suivre en même temps les cours de médecine, ce qu’il a fait.
Docteur en Chirurgie Dentaire.
Docteur en Sciences Odontologiques.
Certificat d’Enseignement Supérieur en parodontologie
Diplômé Universitaire en Chirurgie Buccale de Paris V.
Diplômé Universitaire en Parodontologie de Paris VII.
Ex-Assistant à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Paris V.
Ex-Assistant en Odontologie des Hôpitaux de Paris.
Titulaire du Diplôme d’Etudes et de Recherches en Sciences Odontologiques.
Ex Chargé de cours au Diplôme Universitaire d’Implantologie Paris V
.Ex-enseignant auprès des écoles d’Assistantes Dentaires et d’Infirmières.
Ex-Expert auprès de la Sécurité Sociale.
Ex-Chef de Service de Parodontologie à l’Institut Eastman de Paris.
Ex-Attaché de Consultation au Service de Stomatologie de l’Hôpital Ste.Anne à Paris.
A fait des stages de formation en occlusodontie avec le Pr. JANKELSON et avec et le Pr. RAMFJORD.
Co-auteur et responsable de publication du livre publié en 1989 en français et en italien, aux Editions Masson : « Manuel d’Odontologie Chirurgicale »(épuisé).
Retraité depuis 2001.
Service Militaire 1960-62 en temps qu’officier de réserve du Service de Santé.
A exercé à Paris pendant 38 ans, et depuis 1976 exclusivement la stomatologie, à l’exclusion de toute prothèse ou soins dentaires: c’est à dire surtout la Chirurgie Buccale, Pathologie et Thérapeutiques, Parodontologie et Implantologie.
A fait 18 ans de psychanalyse personnelle et des formations en hypnose, sophrologie, training autogène, Gestalt-thérapie, bio-energie, sexologie, et dynamique de groupe.
Son fils Jean Philippe Hauteville, Prothésiste Conseil, apporte sa collaboration à la réalisation de ce blog, au niveau de tout ce qui concerne la prothèse dentaire.
Le Dr. Hauteville, retraité depuis 2001 souhaite mettre ses connaissances et son expérience à la disposition de tous ceux qui le désirent, professionnels ou grand public, et répondre aux questions que voudront poser les lecteurs directement sur le blog. Publier des articles, regroupant les réponses aux interrogations des patients durant 40 ans, et des cours pour les étudiants en odontologie rendus accessibles à tous.

25 COMMENTS

  1. Merci beaucoup Docteur pour cet article tant attendu. donc l’erreur que je fais c de ne pas trop insister sur les conseils post-OP. Ma question maintenant est quelle médication prescrire après, moi en général je me contente d’un antalgique et un BB après 24h. Faudrait que je prescrve un antiinflammatoire aussi systématiquement ?
    Et encore une fois merci beaucoup pour vos précieux conseils,vous étés le meilleur.

    • il vaut mieux prescrire systématiquement un anti-inflammatoire plutôt qu’un antalgique et ne rajouter l’antalgique qu’en cas de forte douleur. N’oubliez pas l’antibiotique en préopératoire si cela est nécessaire. Pour les grosses intervention un corticoïde améliore beaucoup les suites.

  2. Bjr, la mèche d’eugenol aussi est une alternative pour arreter la douleur d’une aveolite. Moi fort heureusement je ne suis pas un « alveolitophile »(lol) je n’en cause pas bocou mais qd c arrivé, une mêche imbibé d’eugenol ds l’alveole a un effet antalgique immediat…faut y penser.

  3. Bonjour,

    J’habite à l’étranger. Une molaire m’a été extraite il y a maintenant 4 jours après une opération difficile par un dentiste qui m’a envoyé voir un spécialiste n’arrivant pas à extraire lui même la dent le jour même. J’ai désormais les symptômes suivants : douleurs insupportables par intermittence (la nuit également) qui affectent l’ensemble des dents inférieures ; engourdissement persistante de la langue ; gonflement de la joue. je prends des antibiotiques et des anti-douleurs en étant contraint d’augmenter la dose. Pendant l’opération, le dentiste a vu le nerf et la semble-t-il touché. Est-il possible que le nerf soit lésé et dans ce cas que faut-il faire ? Est-il possible aussi que les anti-biotiques n’agissent pas et que l’infection que j’avais, avant l’opération, sous la dent continue de se propager ? Merci pour votre aide et toutes mes félicitations pour votre site très utile et particulièrement bien fait. Y

  4. Bonsoir Docteur,

    je vous avez déjà parler dans le passé, opérée 4 fois de la zone 38 à cause 2 apex laissés.
    Derniere operation en decembre 2014.

    Je souffre encore au niveau de la machoire,je sens encore une petite chaine ganglionnaire des fortes douleurs, un menton lourd un peu anesthesié.Quand je retouchais la derniere fois ça a regonflé au niveau de la joue, un retard de cicatrisation surtout..je vous avoue être perdu.

    Je me demandais s’il etait possible qu’un microbe ait pû atteindre mon os car ce n’est pas normal de souffrir autant après tant de temps.

    Je vous avoue être desespérée , je commence à fortement déprimée.

    Merci.

    • il n’y a vraiment pas de quoi être déprimée, 6 mois de cicatrisation après 3 interventions sur le même secteur, c’est un minimum: il va falloir encore quelques mois

      • Le soucis Docteur ,

        c’est que la zone est très inflammé et à cause de ça mes muscles sont archis tendus sur la zone jusqu aux cervicales du coup ça me fait mal carrément en plus de la machoire jusqu au bras et je suis bloqué niveau cou…

        C’est archi handicapant.

  5. Bonjour,

    Adepte des alvéolite 1 sèche il y a 7/8 ans et 1 suppurée récemment, je suis angoisée à chaque fois que je vais chez le dentiste.
    Je me pose la question si une alvéolitique peu survenir suite à la pose d’un pivot/implant ? Je suis relativement jeune et veux éviter de porter un appareil.
    Merci d’avance pour vos conseils.

    • les alvéolites n’arrivent que sur les alvéoles vides après extractions: débrouillez vous pour ne pas avoir de dents à extraire

  6. Bonjour,

    Je me suis fait opérer des 4 dents de sagesse lundi dernier (aujourd’hui j+ 4) sous anesthésie locale. Pas de soucis particulier pour l’extraction. Pas de gonflements, pas de couleurs !! Même pas besoin de sacs de glaces 🙂 J’ai des petites douleurs dans la bouche qui passent très facilement avec du paracétamol. Je peux ouvrir la bouche en grand. Aucun soucis particuliers jusqu’à maintenant. Mais le problème, c’est que je fume !!! malheureusement !! Je me suis retenue les 2 premiers jours, en fumant très peu, mais maintenant au bout de 4 jours ce n’est pas facile, quand on fume depuis plus de 15 ans !! Et du coup, j’ai super peur de faire une alvéolite… Je suis morte de peur à chaque fois que je fume une cigarette, même si, je la fume quand même, cela est plus fort que moi !!! J’angoisse vraiment !!! Je suis malade rien qu’à l’idée de faire une alvéolite… car je sais que cela fait horriblement mal… et que j’ai eu déjà horriblement mal les semaines précédentes l’extraction car une de mes dents de sagesse était cariée !! Et que du coup j’ai peur … Ma question en fait, c’est, comment peut-on voir si la cicatrisation avance bien ? également, jusqu’à quand après l’extraction, pouvons nous faire une alvéolite ? Merci beaucoup pour votre réponse. Je vous souhaite une bonne continuation.

  7. Bonjour docteur
    Ma dentiste m’ a conseillé l’extraction de la dent 36 par un spécialiste en implantologie à une petite heure de route de chez moi. L’extraction a eu lieu pile il y a une semaine. Tout a été fait comme vous le recommandez, hormis la compresse à garder. J’avais eu l’occasion de lire votre blog et vos conseils à plusieurs reprises , aussi ai je été un peu étonnée.
    Deux jours plus tard, des douleurs très fortes sont apparues. J’ai appelé ma dentiste habituelle deux fois. A chaque fois elle a mis la douleur sur le compte de l’anxiété, du stress. J’insistais pour aller à son cabinet mais elle préférait me dire d’attendre.J’avais l’impression d’être un peu chochotte comme on dit chez moi. Bref, ce matin, n’en pouvant plus, j’ai téléphoné au spécialiste qui m’ a extrait la dent; Trois heures plus tard j’étais dans son cabinet et il diagnostiquait une alvéolite sèche, installait une mèche d’eugénol et me recommandait de prendre l’antibio prescrit par ma généraliste. Il m’ a expliqué que si la douleur revenait, je le rappelais sans problème.
    Je voulais d’abord vous remercier de vos écrits, explications. Durant ces cinq jours de douleurs, je me suis sentie moins « seule « je venais lire les témoignages, j’ai fini par appliquer l’huile essentielle de giroflier qui m’ a soulagée ( le dentiste m’a dit que j’avais vraiment bien fait alors que ma doc était très réticente!). Maintenant j’ai deux questions : La douleur peut elle revenir aussi forte ou peut elle disparaitre pour de bon? La pose de l’implant peut elle être aussi douloureuse?
    Je suis tellement déçue de l’attitude de ma dentiste, de la prise en charge de ma douleur si mauvaise alors que je lui faisais confiance. J’ai un peu l’impression d’avoir été trahie, je ne sais quelle attitude adopter…
    merci de m’avoir lue et merci pour ce blog.

    • L’alvéolite est malheureusement une complication qui arrive, mais pour les implant il n’y a aucun risque de ce genre car il n’y a pas d’os qui reste à nu comme dans le cas de l’alvéole vide.

  8. Bonjour Docteur,
    Je me permets de vous contacter car je n’ai pas vue dans ces échanges de cas similaire au mien. En effet, suite au retrait de toutes les dents de la mâchoire inférieure (déchaussement de toutes les dents) et pose d’implants sur une mâchoire dépourvue de vascularisation du côté droit, une très forte douleur est apparue environ 8 jours après la pose de ces implants donc juste à la fin du traitement Clarithromicyne, Solupred, Extranase ; il a donc fallu reprendre le même traitement sauf Solupred et rajouter du Dafalgan.
    De plus, je suis déjà traitée depuis 3 ans pour de fortes lombalgies :Prégabaline, et Izalgi (en remplacement du Tramadol 200 que je ne supportait plus).
    Je ne mets pas du tout en doute les compétences et le sérieux de mon chirurgien dentiste qui m’a bien expliqué tout le protocole pré et post opératoire que j’ai suivi à la lettre (antibiotique, solupred,) hygiène stricte sans toutefois se livrer à des bains de bouche trop énergiques après l’intervention. Il m’a été prélevé quelques fioles de sang pour des compresses avant points car l’os de la mâchoire ne saignait pas du tout pendant l’intervention. Quant à l’hygiène du cabinet elle paraît irréprochable. En ce qui me concerne même si j’ai beaucoup diminué la cigarette il m’a été impossible de l’arrêter complètement mais avant chacune d’entre elle j’enduis l’appareil provisoire d’élugel de manière à faire barrière mais je sais bien que l’inhalation à elle seule est mauvaise.
    Mon chirurgien dentiste est actuellement en congés et compte tenu de la douleur lancinante assez violente j’ai demandé à mon pharmacien de me conseiller un anti-douleur plus puissant que le Dafalgan qui ne me soulage absolument pas. Il m’a donc conseillé de prendre de l’Ibuprofène. J’ai lu sur un de vos commentaire que cet anti-douleur combiné à 1 antibiotique n’est pas recommandé mais c’est la seule chose qui me soulage et me permet de me reposer car je suis à bout de forces.

    Première question : puis-je continuer l’ibuprofène dans la mesure où il ne me reste plus que 3 jours d’antibiotique, où cela représente-t-il un danger particulier ?

    Deuxième question :
    Pensez-vous que cette douleur lancinante, persistante et rebelle à tout traitement soit due à une alvéolite ? Et dans l’affirmative va-t-il falloir ôter tous les implants concernés pour vérification et éventuellement curetage et traitement local, sachant que l’intervention avait duré deux heures.

    Je vous remercie infiniment par avance pour vos conseil et/ou remarques.

    Bien cordialement

    • Il n’y a pas d’alvèolite sur les implants, mais il peut y avoir une péri-implantite qui n’est généralement pas aussi précoce. Il arrive, très rarement, que des douleurs du type alvéolite se produisent après pose d’implants, comme c’est le cas chez vous, et à mon avis, comme l’alvéolite sèche, ce n’est pas infectieux et les antibiotiques ne marchent pas, car c’est un problème de vascularisation. Pour l’alvéolite la guérison est spontanée, on peut espérer qu’il en soit de même dans votre cas. Pour patienter vous pouvez continuer l’ibuprophène, mais vous pouvez aussi essayer le paracétamol codéïne qui à mon avis devrait fonctionner.

  9. Bonsoir cher maître!
    Je provoque un saignement intra-alvéolaire par un curetage des parois alvéolaires ou parfois même gingivales. L’essentiel, je ne laisse jamais l’alvéole sèche avant de libérer mon patient. Je trouve que favoriser la formation d’un bon caillot sanguin au sein de l’alvéole à la fin de l’extraction est une très bonne préventions des alvéolites. Êtes-vous d’accord avec ma pratique ? quel est votre avis ?. Merci.

    • Absolument, et il faut faire serrer le patient sur une compresse pliée en 4 pendant 30 minutes renouvelée une fois ( 1 heure) et même plutôt 3 fois (2 h)

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