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QU’EST CE QU’UN IMPLANT?

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Depuis une trentaine d’années, il existe des matériaux et des techniques implantaires fiables. Mais cela n’a pas toujours été le cas, et il nous a fallu des décennies d’échecs pour arriver enfin au résultat que nous cherchions. Quand je dis « nous », il s’agit bien de nous, car j’en faisais partie, j’ai eu effet le grand honneur de faire partie de cette génération de pionniers qui ont eu des espoirs et surtout des déceptions avant d’arriver au but. En ce qui me concerne, mon premier diplôme d’implantologie date de 1966, c’était des implants aiguilles en tantale, ça a marché pendant un certain nombre d’années, mais les implants finissaient par s’infecter et on était obligé de les déposer (j’ai entendu dire qu’il en restait quelques uns encore en bouche qui ont miraculeusement survécus). A Paris dès les années 50 une équipe de chercheurs posait déjà toutes sortes d’implants.

Cas d’un patient « historique porteur de trois types d’implants: au maxillaire supérieur les plus anciens, des implants aiguilles, a la mandibule des implants lames au niveau molaires, et des vis au niveau mandibulaire antérieur. (implantdent.net)

Mais l’implant a toujours été un vieux rêve de l’homme: il parait qu’on a retrouvé des tentatives d’implants sur des momies de l’Egypte Antique.

En réalité, il n’y a jamais eu de rejet des implants au sens immunologique du terme. Il n’y avait pas d’anticorps contre les implants. Les implants ne s’intégraient pas dans l’os et une infection s’installait autour, ou bien ne tenaient tout simplement pas mécaniquement dans l’os. Il a fallu comprendre pourquoi. et là, il va falloir vous reporter à mon article « la dent est le talon d’Achille » pour comprendre les notion de milieu interne et milieu externe. (ICI ).

Nos implants étaient à cheval entre le milieu interne et le milieu externe sans aucune barrière entre les deux, représentant donc un danger pour l’organisme qui pour se défendre, créait une membrane tout autour le la partie osseuse de l’implant, l’isolant ainsi du milieu interne, et lui ôtant toute chance de s’intégrer dans l’os.

Un suédois, le Dr. Bränemark, a trouvé la solution dans les années 70-75 mais n’a rendu  ses résultats publiques que dans les années 80, lorsqu’il a eu la certitude que ça marchait. Il a eu l’idée de poser des implants en deux pièces: une partie interne vissée dans l’os et une partie externe visée dans l’autre. La partie interne est posée en premier, elle est entièrement enfermée sous la gencive, et plusieurs mois après, lorsqu’elle est ostéo-intégrée, on refait une petite ouverture et on visse dessus la partie externe qui recevra la dent de remplacement. L’os à ce moment là est totalement étanche autour de la vis  en titane et il n’y a aucune infiltration microbienne dans le milieu interne.

empreinte en plâtre avec analoogues d’implants
Les différentes pièces à monter.
L »ensemble tranxvissé en place. (Jean Philippe Hauteville)

 Pour plus de détails reportez vous à l’article « remplacement d’une incisive centrale par un implant » par le Dr. Frédéric Manoukian, voir ICI.

 

LES DESCELLEMENTS DE PROTHÈSES FIXES.

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Le descellement d’une couronne, d’une dent à pivot, d’un bridge, ou de quelque autre prothèse fixe est un accident très fréquent, mais totalement anodin. L’inconvénient, c’est qu’on ne peut pas choisir le moment où cela se produit, et cela peut induire des situations sociales très embarrassantes. Il faut déjà éviter de manger des nougats ou des caramels très collants sur les prothèses fixes.

Le descellement est toujours l‘occasion de faire un grand nettoyage de la prothèse qui malgré tous vos soins d’hygiène, a toujours des zones inaccessibles. Si nécessaire, le praticien pourra même la passer dans la cuve à ultrasons et même la repolir. Puis la sceller de nouveau.
L’idéal serait qu’une prothèse se descelle tous les ans ou tous les deux ans pour pouvoir faire une petite révision en dessous. Mais la plupart d’entre elles, surtout si elles sont très ajustées vont rester des années voire des dizaines d’années sans se desceller. On a pensé pour cette raison, à faire des bridges dont une partie serait vissée et donc démontable. Mais les systèmes à vis ne se sont pas montrés fiables et ont été source de problèmes.
Si une prothèse se descelle plusieurs fois par an, c’est qu’elle n’est pas suffisamment bien ajustée ou qu’elle est trop ancienne et qu’elle s’est déformée.

Les prothèses provisoires sont scellées avec des ciments légers et ont d’avantage tendance à se desceller. Dans des occasions importantes ou vous ne pouvez pas courir ce risque, demandez à votre praticien de vous donner un petit tube de ciment provisoire et gardez le en poche pour aller discrètement aux toilettes remettre votre prothèse en place en cas d’accident inopiné.

Si votre prothèse fixe s’est descellée, que vous ne pouvez pas voir tout de suite votre dentiste et que cela vous pose un problème esthétique, essayez de mettre dedans quelques  petits filaments de coton ou du chewing-gum, ou encore de la cire molle qu’on trouve sur certain fromages(babybel) et de la remettre en place en appuyant fort. Mais ne mettez jamais de colle quelle qu’elle soit.

Si malencontreusement vous avalez une prothèse fixe, ne vous affolez pas, les bridges et couronnes sont toujours conçus de façon à ne pas blesser et ne pas accrocher. Surveillez vos selles jusqu’à ce que vous retrouviez la prothèse cela demande entre 1 à 4 jours maximum. Passé ce délai si vous n’avez rien trouvé, faites vous faire un cliché abdominal sans préparation par un radiologue, afin de voir si l’objet est resté coincé quelque part ou si vous l’avez éliminé sans le voir. Si vous le récupérez, lavez le bien puis mettez le à tremper quelques heures dans une solution d’eau de javel et ensuite brossez le bien. Il ne vous restera plus qu’à retourner voir votre praticien pour qu’il vous scelle à nouveau votre prothèse.

Un autre petit accident de scellement de prothèse fixe peut être la fusée d’une petite quantité se ciment sous la gencive. Cela se produit très souvent, mais normalement le praticien vérifie soigneusement tout le tour de la gencive pour éliminer les excès, il peut arriver qu’une petite particule lui échappe, et si elle ne s’élimine pas rapidement spontanément crée une inflammation qui peut même provoquer un petit abcès passager de la gencive.

QU’EST CE QU’UN BRIDGE?

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En anglais, « bridge » veut dire « pont ». Nous devrions donc dire « pont » mais c’est le mot anglais qui est entré dans la langue française.

Lorsqu’il manque une ou plusieurs dents et que le secteur édenté se trouve encadré par des dents restantes suffisamment fortes pour porter une surcharge, on pose alors des couronnes et/ou des dents à pivots, et sur ces dents, on soude dans les parties vides des dents artificielles en suspension ne reposant ni sur la gencive ni sur l’os des maxillaires. Le tout étant scellé, cela s’appelle une prothèse fixe. Voir ICI et ICI.

Voici, par exemple une première molaire inférieure absente remplacée par un bridge de 3 dents: une dent à pivot sur la deuxième prémolaire, une couronne sur la deuxième molaire, et la première molaire manquante soudée en pont entre les deux. Nous avons là un bridge de trois dents.

Notez qu’il a fallu dévitaliser et  mutiler deux dents pour en remplacer une. Si ces dents étaient saines c’est un peu dommage de les avoir abîmées. Si elles étaient en mauvais état et qu’elles devaient être reconstituées de toutes  façons, la solution est bonne. Mais dans le premier cas, la solution de l’implant est meilleure car on ne touche pas aux dents voisines.

Notez encore que dans ce cas là, le remplacement d’une dent aura coûté le prix de trois dents. Il faut donc comparer avec le prix d’un seul implant.

Qu’est-ce qu’un bridge collé?
Pour éviter de mutiler de trop les dents piliers, on a tenté de faire des bridges collés: on meule très légèrement l’émail des dents support, et on fait faire par le prothésiste un appareil avec des crochet plats et larges qui sont collés avec une colle époxy. Cette technique est difficile et il faut bien la maîtriser pour la réussir. Certains praticiens ont de très bons résultats, d’autres moins. Le risque est faible; c’est le descellement fréquent de la prothèse. En cas d’échec on peut toujours poser un bridge classique.
Voir article du Dr. Manoukian: » remplacement d’une incisive centrale par un implant »,(cliquer ICI!) photo bridge collé provisoire.

 


QU’EST CE QU’UNE DENT A PIVOT?

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Lorsqu’une dent dévitalisée à une racine c’est à dire monoradiculée (incisive, canine, ou certaines prémolaires) dont le canal a été complètement obturé est trop délabrée, ou pour des raisons esthétiques, on pose une dent à pivot. Le pivot est une tige de métal conique ou cylindro-conique qui est scellée dans le canal radiculaire préalablement obturé jusqu’à l’apex.

Comme je l’ai dit précédemment dans l’article « le collet point fragile »en cas d’accident c’est souvent au raz du collet que les dents se     fracturent.
Il est alors nécessaire de poser une ou plusieurs dents à pivot.

Schématiquement, la technique est la même que pour l’inlay-core et la couronne :

La dent à pivot est scellée dans la racine avec du ciment de scellement.

La dent à pivot n’est jamais entièrement en métal, il y a toujours une partie externe de la couleur de vos dents. La transparence et la naturel de la prothèse dépendront de la qualité des matériaux que vous aurez choisi et du prix  que vous payerez.

COMMENT SAUVER UNE DENT QUI AURAIT DÛ ETRE EXTRAITE. Par le Dr.F.Manoukian.

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Frédéric MANOUKIAN

Docteur en Chirurgie Dentaire

 Docteur d’Université en Odontologie

RELATION ENDO-PARO-PROTHESE : A propos d’un cas.

Mademoiselle A.M., 28 ans nous a été adressée par un confrère chirurgien-dentiste pour le traitement d’une lésion inter-radiculaire avec perforation du plancher pulpaire et présence d’un cône de gutta-percha dans l’espace inter-radiculaire, au niveau de cette lésion.

Après concertation entre les deux praticiens du cabinet, dont un spécialisé en parodontologie, nous avons décidé de retirer le cône de gutta-percha si possible, puis de reprendre le traitement endodontique notoirement insuffisant, surtout dans le canal distal. (figure 1)

                                                             Figure 1 : 15/03/1999

Nous espérons ensuite pouvoir séparer les deux racines retraitées, les séparer pour les transformer en deux piliers qui pourront recevoir une couronne après guérison.

Lors de la première séance, nous avons donc repris le traitement radiculaire en démontant l’amalgame occlusal avec une fraise cylindrique diamantée et en prenant garde à ne pas passer au-dessus de l’espace inter-radiculaire pour ne pas couper malencontreusement le cône de gutta-percha inter-radiculaire.Une fois l’amalgame déposé, nous avons nettoyé l’intérieur de la chambre pulpaire avec un insert ultrasonique (E40 de Satelec) monté sur détartreur (Piezomatic). Après nettoyage de la chambre pulpaire, le cône de gutta-percha a été mis en évidence et retiré précautionneusement à l’aide de pinces de Stieglitz, ce qui a occasionné lors de son retrait une petite hémorragie au niveau du plancher pulpaire.(figure 2)

                                                                        Figure 2

Cette perforation a été temporairement obturée au M.T.A. ( Mineral Trioyde Aggregate, ProRoot de Maillefer). Nous avons essayé de mettre la digue, mais les réflexes nauséeux de la patiente nous ont obligé d’y renoncer.

Nous avons donc entrepris la reprise du traitement canalaire en utilisant le système en rotation continue Protaper de Maillefer. Après avoir mis en évidence les trois entrées canalaires avec l’instrument ultrasonique, l’ancienne obturation a été dissoute avec un solvant à base d’acétate d’éthyle. Le canal distal, plus accessible, a été instrumenté en utilisant la série des Protaper en commençant par le plus grand diamètre, c’est-à-dire le Protaper bleu, puis le rouge, le jaune, le blanc, le violet, le tout en alternant solvant, lubrifiant canalaire (Glyde), et hypochlorite de sodium.

La longueur de travail a été régulièrement contrôlée avec un localisateur d’apex ( Root ZX de Morita). Une fois la longueur de travail atteinte, l ‘alésage a été effectué avec les mêmes instruments, cette fois en augmentant les diamètres du Protaper du plus fin au plus gros. Un maître-cône a été choisi selon la longueur et le diamètre du dernier Protaper utilisé, c’est-à-dire le Protaper bleu.

Ce premier canal a donc été obturé en technique de gutta-percha par condensation latérale à froid de cônes de gutta-percha avec le Sealite ( Laboratoires Pierre Rolland) comme ciment de scellement canalaire. (figure 3)

                                                                          Figure 3

Nous avons ensuite repris le traitement des deux canaux mésiaux de la même manière, et obturé ainsi définitivement les racines de cette dent, toujours par technique de gutta-percha foulée à froid. ( figure 4).

                                                                          Figure 4 :

Nous pouvons constater que de la pâte d’obturation a fusé dans l’espace inter-radiculaire, ce qui n’est pas très grave dans la mesure où une hémisection de la dent sera pratiquée, ce qui permettra d’éliminer l’excès de pâte. Nous constatons également qu’un canal latéral sur la racine distale a été obturé en même temps.

Mademoiselle A.M. a ensuite été confiée à notre confrère parodontologiste qui a séparé les deux racines, avec des fraises très fines de Touati. Un curetage soigneux de l’espace inter-radiculaire a été pratiqué, avec des curettes de Gracey et des mini CK6.

Les deux racines ont été régularisées, une petite couronne provisoire a été mise en place et scellée au Temp-Bond pour protéger l’espace inter-radiculaire ainsi ouvert.( figure 5)

                                                                      Figure 5

Après un délai de cicatrisation d’un mois, nous avons commencé l’élaboration de la prothèse. Il fallait préserver l’espace inter-radiculaire tout en maintenant un passage pour permettre le bon nettoyage de cette zone. Un inlay-core « a cheval » sur les deux racines a été scellé en place, de manière la plus solide possible en maintenant un accès libre à l’espace inter-radiculaire. Puis l’inlay-core a été protégé par une couronne provisoire en résine. (figure 6)

                                                                         Figure 6

Nous avons encore attendu par prudence un mois de plus. Voyant que la sensibilité de la dent à la percussion disparaissait ainsi que les signes cliniques associés (mobilité, tuméfaction gingivale périphérique), nous avons décidé de poser la couronne définitive par-dessus l’inlay-core selon des méthodes traditionnelles céramo-métalliques, et toujours en ménageant un espace permettant le nettoyage de l’espace inter-radiculaire. (figure 7).

                                                                      Figure 7

Nous pouvons constater que pour l’instant, il n’y a pas encore comblement de l’espace inter-radiculaire. Le temps, associé au curetage, puis à la protection de la partie atteinte permettra de maintenir cette dent en place.

En conclusion…

Nous avons revu 5 ans après Mademoiselle A.M. qui est de venue entre-temps Madame A.C. Nous avons refait des radiographies et pris des photographies pour voir l’évolution de cette dent qui était au départ assez compromise.(figure 8, photos 9 et 10)

                                                          Figure 8 : 23/09/2004

                                                                        Photo 9

                                                                   Photo 10

Nous pouvons constater que 5 ans après, le niveau osseux n’a pas baissé au niveau de la lésion inter-radiculaire, ni au niveau des espaces inter-proximaux. Le traitement radiculaire est toujours parfaitement en place. Les photographies montrent une gencive nette, saine, non congestive ni érythémateuse, maintenant un passage pour une brossette inter-dentaire permettant un nettoyage de cette zone aussi parfait que possible.

Ce cas que nous avons reproduit de nombreuses fois nous permet de constater qu’il est souvent possible, avec des techniques très simples de conserver des dents qui auraient été condamnées il y a quelques années encore. Il est vrai que les progrès de l’implantologie nous font moins hésiter à extraire une dent qui aurait pu être prolongée avec des techniques de parodontologie extrême. Mais dans le cas où la discussion serait ouverte, il sera toujours préférable de conserver la dent naturelle, ne serait-ce que pour quelques années, à la solution extraction-implantation qui demeurera toujours possible.

2ème conclusion : De nos jours…

Comme dans l’autre cas que nous avons décrit précédemment, (Relation entre endodontie et parodontologie : Un cas intéressant), nous avons vu récemment en fin d’année 2010 Madame A.C. est revenue consulter au cabinet dentaire pour sa visite de contrôle annuelle. Nous avons pu constater que 12 ans plus tard, la molaire n° 46 est toujours en place, parfaitement fonctionnelle et totalement silencieuse. Ce qui prouve que l’extraction qui était préconisée par le praticien précédent n’était peut-être pas la meilleure solution…

Dr Frédéric MANOUKIAN  http://dr-manoukian-frederic.chirurgiens-dentistes.fr/

QU’EST-CE QU’UNE COURONNE?

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Lorsqu’à la suite d’une carie profonde, une dent a été trop endommagée, et de toutes façons si une dent a été dévitalisée, il est indispensable d’y poser une couronne pour la reconstituer et la consolider. Il faut auparavant s’assurer que les canaux sont parfaitement obturés afin d’éviter tout risque d’infection locale ou à distance. Après radiographie de contrôle, on commence donc la préparation de la dent qui doit être couronnée.

Si la dent n’est que moyennement endommagée, on taille par dessus l’obturation, au moyen de fraises diamantées, la partie coronaire de la dent pour lui donner une forme de moignon tronc-conique régulier, puis on prend ensuite une empreinte de cette dent.

On envoie ensuite cette empreinte au laboratoire de prothèse, qui va la couler en plâtre.

Sur ce modèle en plâtre, le prothésiste va confectionner une coiffe en cire qui sera ensuite transformée par coulée, soit tout en métal, soit en céramo-métallique. Le praticien aura pris la précaution d’envoyer également au laboratoire l’empreinte des dents antagonistes et un « mordu » pour reproduire les rapports d’engrènement avec toutes les autres dents.

Si la dent est trop délabrée ou si elle est cassée, il faut d’abord reconstituer le moignon par un faux-moignon, appelé aussi « inlay-core », qui sera ancré dans la racine par un ou deux pivots. La technique peut se faire en deux temps: le faux moignon, puis la couronne ou en un temps, le faux moignon et la couronne ensemble.

Comme il faut un certain temps pour que le prothésiste fasse son travail, il est préférable de poser une couronne provisoire en résine pour protéger la dent en attendant.

la couronne définitive est scellée avec un ciment de scellement.

Quelle type de couronne choisir? Cela dépend entièrement de vos moyens financiers car la sécurité sociale ne prend un charge qu’un forfait minimum fixe quel que soit votre choix. Le meilleur métal est toujours l’or, pas pur car il est trop mou mais des alliages riches en or. L’or est incorrosible et ne donne jamais d’intolérance ni d’allergie, mais c’est aussi le plus cher. Si la dent est visible, il vaut mieux poser une couronne recouverte de céramique de la teinte de vos dents, dite couronne céramo-métallique. Si vos moyens ne vous le permettent pas, vous pouvez choisir soit des alliages pauvres en or, soit des alliages autres. Evitez l’acier, il se travaille mal, il est trop dur en bouche, évitez  également les couronnes entièrement en résine pas solides et pas bien étanches. Il est maintenant prouvé que le bérilium est toxique et il doit être éliminé de tout alliage. Le nickel est très allergisant.

Mon ami le Dr. Manoukian qui participe activement à ce blog, a été mon élève, il est donc beaucoup plus jeune que moi et comme vous le savez, les élèves dépassent souvent les maîtres. Il m’envoie une précision que je vous transmets in extenso : « les couronnes métalliques ne représentent dans mon activité qu’à peine 1% de mes couronnes et nous n’utilisons plus l’or depuis belle lurette sans problème notable ». J’en prends acte, mais je précise que lorsqu’il y a deux métaux en bouche, c’est toujours le plus fort qui corrode le plus faible, et l’or est toujours le plus fort. C’est un avantage sans doute, mais ça peut aussi être un défaut, dans la mesure où l’or arrive jusqu’à corroder le titane des implants.

L’HERPES BUCCAL.

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Article remis à jour le 27/03/2017.

Une autre lésion de la muqueuse buccale très courante, surtout chez les jeunes, est l’Herpès buccal. Cette infection virale appelée aussi « bouton de fièvre » est très fréquente dans le monde ,  très tenace et récidivante. Elle se manifeste généralement sur les lèvres mais peut atteindre n’importe quelle région de la muqueuse buccale et même du visage, le plus délicat étant l’oeil. Le virus responsable, le SH1 est à différencier du SH2 qui lui donne l’herpès génital. Ils sont tous deux extrêmement contagieux, très souvent sexuellement transmissibles pour le premier et toujours pour le deuxième. La contagion pour l’un et l’autre est toujours directe inter-humaine. La contagion se fait avant l’apparition des vésicules. Il n’est pas rare que le SH2 donne aussi un herpès buccal, mais le SH1 ne donne jamais d’herpès génital. Par contre le SH2 buccal peut se transmettre au organes génitaux.

A la différence de l’aphte qui reste très peu de temps une vésicule et devient très vite une érosion, l’herpès est un groupe de vésicules qui n’éclatent qu’en fin de cycle pour devenir une plaque croûteuse. L’herpès buccal est généralement formé de plusieurs vésicules côte à côte en forme caractéristique de trèfle. Une brûlure vive est ressentie bien avant l’apparition de la première vésicule.

Hérpès de l’ourlet cutanéo-muqueux de la lèvre (photo:guidr-aromathérapie.blogspot.com)

Les virus SH1 et SH2 ont la caractéristique de rester latents cachés dans les ganglions nerveux voisins (au cou pour la bouche, à l’aine pour la sphère génitale). Durant cette période il n’y a aucun symptôme: on dit que le porteur est sain. Mais à la moindre défaillance du l’individu, fatigue, stress, émotion, fièvre, exposition aux UV, règles, l’herpès sous sa forme vésiculaire réapparaîtra. On dit que l’herpès est une maladie récurrente*, car il réapparaît à la moindre occasion. Il  existe des porteurs sains qui ne développent jamais la maladie. Il semblerait que des chercheurs soient sur le point de trouver un moyen de « débusquer » tous les virus latents en même temps de façon à pouvoir tous les tuer avec un antiviral et se débarrasser ainsi définitivement de la maladie.

Hérpès de la lèvre inférieure (photo:sport-santé.com)
herpès marginal de la lèvre (sport-sante.com)

La contagion se fait surtout pendant les épisodes éruptifs. Il faut éviter les contacts pendant ces période et respecter des consignes d’hygiène strictes , lavages des mains etc…pour ne pas transmettre la maladies à d’autres personnes ou à d’autres parties de son propre corps ( faire attention aux yeux en particulier). Le virus SH2 génital peut se transmettre à la bouche, mais le virus SH1 buccal ne se transmet pas aux organes génitaux.

Comment traiter l’herpès?

Le seul traitement valable est l’acyclovir. Pour un herpès occasionnel, la crème suffira à raison de 5 applications par jour, dès l’apparition de la première brûlure jusqu’à disparition complète de la lésion qui dure entre 8 et 15 jours. Pour une herpès rebelle récidivant, il faudra répéter la procédure à chaque crise en y associant 5 comprimés d’acylovir par jour. C’est la seule tactique valable pour s’en débarrasser: ne pas laisser au virus la possibilité de s’exprimer, répéter inlassablement la procédure jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Un dernier petit conseil pour les habitués récidivistes : en prévision d’un jour important ou vous n’aimeriez particulièrement pas que ça vous arrive, prenez préventivement 5 comprimés par jour d’acyclovir 2 ou 3 jours avant la date prévue.

Nouvelles thérapeutique de l’herpès: Amyléine+bleu de trypan apparues récemment sur le marché, je n’en ai pas l’expérience.

* Voir: lexique.

En complément de cet article, je vous recommande de lire cet excellente publication qui complète bien l’exposé ci dessus. Cliquez ICI!

LES SENSATIONS DE BRULURES EN BOUCHE (glossodynies et stomatodynies).

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Article remis à jour le 31/08/2017.

Très souvent, les patients consultent pour des sensations bizarres en bouche, beaucoup se plaignent de brûlures, d’autres de goût métallique ou encore de sensations de courant électrique.

Un interrogatoire complet et un minutieux examen de la bouche sont nécessaires pour arriver à comprendre l’origine des symptômes.

En tout premier lieu, il est important de s’assurer qu’il n’y a rien de blessant en bouche, et qu’il ne s’agit pas d’une irritation traumatique.

Les morsure par une occlusion traumatique sont à rechercher (voir chap. « occlusion, malocclusion » cliquer ici)

Il faudra vérifier qu’il n’y a pas de carence en vitamine B 12, qu’il n’y a pas de mycose buccale, ni de maladies générales à symptômes buccaux. Il faut également s’assurer qu’il n’y a pas eu un changement de dentifrice, de bain de bouche, de rouge à lèvres ou une nouvelle prothèse dentaire, car on est peut-être en présence d’une allergie.

Il est important de faire un inventaire complet des obturations et reconstitutions prothétiques et surtout des différents matériaux utilisés, car il y a souvent des incompatibilités entre les métaux mis en bouche.

La salive étant un excellent électrolyte, la présence de deux métaux électrolytiques crée une véritable pile avec production d’un courant  qui peut donner des décharges. On peut parfois mettre en évidence ce phénomène en créant un contact métallique entre les deux métaux suspectés, et le patient sent passer la décharge. C’est également la cause du goût métallique en bouche car il y a une corrosion des métaux avec production de sels. On voit parfois sur la gencive ou la muqueuse buccale, des trainées grises ou des taches noires, qui indiquent la migration intracellulaire de ces sels métalliques suivant les lignes de courant, ce sont des tatouages spontanés dus à la crorosion des métaux . Ce bi-métallisme est souvent la cause de sensations de brûlures. Il est accentué en cas de reflux gastrique car il y a une acidification de la salive.

Mais la sécheresse buccale ou hyposialie est aussi cause de ces sensations, et c’est souvent la nuit que le flux salivaire est le plus réduit. La frottement des muqueuses sèches crée alors des irritations. Nous publierons prochainement un chapitre   entièrement consacré à la salive et les glandes salivaires. Le manque de salive peut être dû à l’age, ou à la prise de médicaments qui freinent l’activité des glandes salivaires (les somnifères et les anxiolytiques).

Ces sensations de brûlures nocturnes ou matinales sont parfois accompagnées de toux sèche que l’on peut confondre avec une bronchite chronique, mais qui en réalité  sont dues à un reflux gastrique consécutif à une hernie hiatale (mauvaise fermeture du muscle qui obture l’estomac, le cardia). Une langue blanche et érosive sur sa partie postérieure confirme généralement le diagnostic, une mauvaise haleine complète souvent le tableau clinique (voir chap. « halitose ») : cliquer ICI.
Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’avoir une hernie hiatale pour avoir un reflux gastrique (RGO cliquer ICI) et celui ci peut être extrêmement discret et passer totalement inaperçu. La présence d’un Helicobacter Pylori doit être systématiquement recherchée par test respiratoire(HELITEST®). (Helicobacter cliquer ICI!)

Comment traiter ces brûlures?

La réponse est toujours la même: en supprimant les causes.

Supprimer toutes les sources d’irritation locale.

– Ne pas laisser en bouche des métaux incompatibles entres eux.

Favoriser la salivation en prescrivant de la teinture de Jaborandi ou du S 25. On peut aussi utiliser des bombes de salive artificielle à pulvériser durant la nuit lorsque l’on est trop dérangé.

– Traiter le reflux gastrique (RGO) en surélevant la tête pour la nuit, en mangeant légèrement le soir, en diminuant le tabac et l’alcool, en évitant les anti-inflammatoires et l’aspirine. On peut prescrire les médicament antiacides anciens, comme le bicarbonate de soude ou l’hydroxyde d’aluminium, ou les  plus modernes anti-sécréteurs (ranitidine=Azantac),   ou les inhibiteurs de la pompe à protons  IPP (oméprazole=Mopral, ou ésomeprazole=Inexium). Il existe aussi des médicaments qui augmentent la tonicité musculaire du cardia.
Faire des bains de bouche au bicarbonate et sucer des pastilles anti-acide (Rennie)

Pendant longtemps, on a considéré les glossodynies (douleurs de la langue) et les stomatodynies comme psychosomatiques; c’est parfois le cas, mais il faut se garder de tomber trop vite dans la facilité de ce diagnostic, car nombre de cas peuvent être résolus en soulageant ces patients qui sont dans une grande détresse.

PS. Aline nous donne en commentaire une information intéressante sur les métaux des implants:
« il y a bien 4 grades pour les implants, le plus pur est de grade 1

grade 1 en % : fer 0.15/oxygene 0.12/azote 0.05/carbone 0.06/ hydrogene 0.013 le reste titane

grade 2 en % : fer 0.20 oxygene 0.18/ azote 0.05/carbone 0.06 hydrogene 0.013 le reste titane
/

grade 3 en % : fer 0.25/oxygene 0,25/azote 0.05/ carbone 0.06/ hydrogene 0.013 le reste titane

grade 4 en % : fer 0.30/oxygene 0.35/azote 0.05/carbone 0.06/ hydrogene 0.013 le reste titane

en implantologie seul le ta6v est utilisé (titane + aluminium 4% et vanadium 4%) ils sont commercialisé comme pur

zircon dentaire : agent ytrium y 203 et plus rarement oxyde de magnesium »

 

L’ALVEOLITE DENTAIRE POST-EXTRACTIONNELLE.

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Remis à jour le 22/11/2015.

Comme son nom l’indique, l’alvéolite est l’inflammation de l’alvéole de la dent. C’est une complication des extractions dentaires qui survient deux ou trois jours après l’intervention. Durant les 40 ans de mon exercice professionnel, j’ai pu constater une très nette baisse de la fréquence d’apparition de cette désagréable suite des extractions.  A l’armée, presque une extraction sur deux donnait une alvéolite. Par contre , je n’ai presque plus vu d’alvéolite  durant les 10 ou 15 dernières années d’exercice. Qu’est qui a changé?

A l’armée, il y a 50 ans les conditions d’hygiène et de stérilisation étaient très sommaires; l’hygiène buccodentaire des jeunes recrues était pour ainsi dire inexistante. Je n’avais durant mes études pratiqué que peu d’extractions, j’étais inexpérimenté en la matière. Donc voilà déjà trois causes d’alvéolite: les conditions d’asepsie du cabinet dentaire, l’état d’hygiène bucco-dentaire du patient, et la technique de l’opérateur.

Mais l’expérience m’a appris aussi que l’alvéolite est toujours consécutive à une mauvaise formation du caillot sanguin dans l’alvéole dans les heures qui suivent l’extraction.

Quels sont les signes de l’alvéolite?

Deux ou trois jours après l’extraction, de fortes douleurs apparaissent, centrées sur l’alvéole de la dent extraite et irradiant sur toute la moitié de la face, parfois avec migraine du même côté. Une très mauvaise odeur émane de la bouche et le patient sent un très mauvais goût. Il y a deux types d’alvéolites, l‘alvéolite sèche (dry socket pour les anglo-saxons) et l‘alvéolite purulente. Dans les deux cas la douleur est très rebelle aux antalgiques courants.

Alvéolite sèche (lookfordiagnosis.com)
Alvéolite bourgeonnante(dentiste.ivoire-blpg.com)

 Comment faire pour prévenir l’alvéolite?

Les conditions d’hygiène et d’asepsie du cabinet dentaire, ainsi que la technique opératoire sont de la compétence du praticien. En ce qui concerne le patient, nous répèterons une fois de plus que l’hygiène est la clef de tout en matière dentaire. Une bonne hygiène quotidienne est la solution à tous les problèmes buccodentaires. Il est préférable de faire un bon brossage des dents et un bain de bouche antiseptique avant l’intervention. Mais il faudra aussi bien suivre les conseils du praticien après l’extraction. Et puisque je suis là pour ça, voici ces conseils:

1- Garder une compresse dents serrées sur l’alvéole de la dent extraite pendant 2 à 3 heures en la renouvelant toutes les demi-heures, pour permettre au caillot de bien se former.

2- Eviter de sucer sur la plaie et ne pas manger de ce coté là. Ne pas boire avec une paille pour éviter la succion.

3- Ne pas faire de bains de bouche avant 24 h, les commencer doucement et sans violence le lendemain après chaque repas.

4- Ne pas fumer pendant au moins 48 h.

5- Manger des glaces et des sorbets, boire glacé le jour de l’extraction, et apposer une vessie de glace sur la joue du côte opéré dès la sortie du cabinet dentaire. Il existe en pharmacie des petits sachets à mettre au congélateur qui sont très utiles à cet effet.

Les alvéolites surviennent plus souvent pour les dents du bas que celles du haut. Elles sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes. Chez les femmes, elles sont plus fréquentes  en première moitié du cycle menstruel et aussi chez les femmes qui sont sous traitement hormonal.

Comment traiter l’alvéolite?

– On traite la douleur avec des antalgiques forts (PARACETAMOL+ CODEINE).

– En cas d’alvéolite suppurée, une antibiothérapie est nécessaire, et dans tous les cas la pose par le praticien de pansements antiseptiques et calmants peut déjà résoudre le problème. L’instillation d’eugénol*, ou mieux, eugénol+acide trichloracétique à proportion de 5 pour 1, soulage considérablement, mais est à renouveler tous les 2 ou 3 jours. On utilise aussi des pansements à base d’antibiotiques en poudre malaxés avec de l’eugénol, renouvelables aussi tous les 2 ou 3 jours. En cas de nécessité le patient peut acheter en pharmacie de l’eugénol et en instiller 2 ou 3 gouttes dans l’alvéole avec un micro-compte gouttes, pour obtenir un soulagement qui dure plusieurs heures. On peut renouveler 3 à 4 fois par jour. Faute d’eugénol on peut acheter de l’huile essentielle de giroflée et en diluer 3 gouttes par cuil.à café d’huile d’olive. (Complexe d’huiles essentielles contre les maux de dents, chez Phytosunaroms, à base de clous de girofle et d’eugénol).

– En cas d’alvéolite rebelle au traitement ce qui n’est pas rare, il faut refaire une anesthésie locale et procéder à un curetage  soigneux de l’alvéole, refaire saigner et recommencer toute la procédure de formation et de protection du caillot dans l’alvéole. Le mieux à mon avis, en tant que chirurgien, est de faire un petit lambeau et de refermer la plaie avec des sutures serrées.

Mais la véritable prévention contre l’alvéolite est la prévention  par une hygiène et des soins dentaires pour ne jamais avoir à se faire extraire de dents autres que dents incluses, ou en désinclusion, ou surnuméraires, ou extractions stratégiques pour un réalignement de l’ensemble de la denture.

Additif: cet article est le plus lu de mon blog, cela prouve que l’alvéolite touche encore un très large public. J’en arrive à me demander si les praticiens prodiguent vraiment les conseils nécessaires à leurs patients. Peut-être que vu le prix dérisoire fixé par la sécurité Sociale pour les extractions, ils ne prennent plus le temps de le faire…

Deuxième additif: d’après les question qu’on me pose, il semble qu’il y ait un malentendu: j’ai dû mal m’expliquer concernant la cicatrisation de l’alvéole. Le caillot sanguin part de toutes façons, mais il ne doit pas partir prématurément. Le rôle du caillot est de protéger l’alvéole durant 24 ou 36 heures, le temps qu’une couche de cellules tapisse la paroi osseuse pour fermer la possibilité d’entrée d’une infection. C’est le processus de cicatrisation par deuxième intention, voir ICI.
Lire aussi  ICI .

Troisième additif: J’ai souvent conseillé aux lecteurs qui ont de vives douleurs d’alvéolite de mettre dans l’alvéole quelques gouttes d’un mélange de 4 gouttes d’huile essentielle de giroflée dans une cuillerée à soupe d’huile végétale. Je prie les personnes qui l’ont fait de m’en informer et me dire quel a été le résultat. Merci. voir ICI.

LE SOURIRE : VITRINE DU SEXE.

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Dents blanches, haleine fraiche…

Comment pourrait on imaginer séduire qui que ce soit avec des dents tordues, jaunes, tachées, et une haleine de crocodile? Et quand je dis séduire, je ne pense pas seulement sexuellement, mais simplement décrocher un emploi lors d’un entretien d’embauche, par exemple.

Avoir des dents bien alignées est très important, pas seulement pour l’esthétique mais aussi pour la santé de vos dents, nous l’avons vu dans les précédents articles. Mais ce que je ne vous ai pas encore dit,  je réservais mon effet : l’orthodontie est possible chez les adultes, et même chez les personnes âgées. Même si l’orthodontie n’est pas envisageable, il y a de multiples solutions pour corriger un sourire. Parfois, extraire une ou deux dents non « stratégiques » peut aider à résoudre un problème de sourire; mais n’acceptez jamais l’extraction d’une canine, c’est une dent clef de l’arcade dentaire .

Rester avec des dents de travers affecte votre psychisme. Voyez le nombre de personnes qui mettent la main devant la bouche pour sourire. Cacher ses dents est un signe de complexe grave, c’est une véritable souffrance.

Méfiez vous quand même de la dentisterie dite « esthétique », et souvenez vous que si toute publicité est interdite dans notre profession, c’est bien pour faire barrage au charlatanisme. A ce propos, renseignez vous auprès du Conseil de l’Ordre des Chirurgiens Dentistes pour voir la liste des titres autorisés sur les plaques, les cartes de visite et les ordonnances. Vous serez surpris du nombre de titres « bidons » qui circulent.

Avoir les dents très blanches est à la mode, mais sachez que les    dentures les plus blanches ne sont pas forcément les plus résistantes. La couleur naturelle de la dent d’un sujet jeune est conditionnée par l’épaisseur de la couche d’émail qui recouvre la couronne dentaire. L’émail est blanc, la dentine est jaune: la transparence de l’émail laisse apparaitre les reflets jaunâtres de la dentine.Lorsque les dents poussent déjà tachées, ou colorées ou mal formées à la suite d’ingestions de produits pendant la grossesse (cyclines, hyperfluorose), l’attitude thérapeutique ne sera pas la même.

Certaines méthodes de  blanchiment des dents modifient la transparence de l’émail et donnent un aspect plus blanc. J’en parlerai plus loin mais voyons d’abord ce qui colore les dents: – en tout premier lieu:

la plaque bactérienne* et le tartre*, si les dents sont mal brossées (voir chap. hygiène https://conseildentaire.wordpress.com/wp-admin/post.phpost=48&action=edit)

 – la nicotine des fumeurs, qui soit dit en passant, se dépose beaucoup plus sur le tartre et la plaque que sur la dent

-les vins rouges surtout les plus tanniques

-le café, le thé (plus il est foncé, plus il colore),

 -la betterave, les myrtilles                                   

 -certains médicaments qui sont éliminés dans la salive.

Comment blanchir les dents? Tout d’abord en éliminant toutes les causes qui ont été énumérées ci dessus. Ensuite en faisant faire un détartrage et un polissage de vos dents pas votre praticien. Et en lui demandant conseil. Mais comme mon rôle est de vous conseiller (les conseilleurs ne sont pas les payeurs), je vais le faire.

Le seul produit qui produise un blanchiment réel des dents est le peroxyde d’hydrogène, l’eau oxygénée, à une concentration maximum de 1%. Vous pouvez utiliser un dentifrice qui en contient modérément ou faire des bains de bouche à l’eau oxygénée à 10 volumes. Attention, l’abus d’eau oxygénée irrite les muqueuses buccales et rend la langue noire et pileuse. Vous avez des produits plus oxygénés qui peuvent être appliqués sélectivement sur vos dents grâce à des gouttières préfabriquée vendues avec le produit en pharmacie, ou mieux, des gouttières faites sur mesure par votre praticien (photo ci-dessous). Il faut plusieurs séances soit chez vous, soit au cabinet dentaire. Les séances durent une vingtaine de minutes.


Le résultat est généralement bon, mais il y a des inconvénients:

Les gencives sont irritées pendant quelques jours après chaque séance, de même que la sensibilité des dents au froid et au chaud qui augmente. Une utilisation abusive peut endommager définitivement l’émail des dents qui l’est de toutes façons provisoirement à chaque séance. Le résultat n’est malheureusement pas définitif et il faut refaire des cures dans des délais variable suivant les personnes.

Il existe de méthodes prothétiques pour avoir des dents blanches: on meule légèrement l’émail de la face visible des dents et on colle des facettes* en céramique de la couleur désirée. Cette méthode est définitivement mutilante pour l’émail mais c’est un choix qui peut être fait, surtout chez les personnes qui ont des taches ou des malformations dentaires de naissance ou chez les professionnels du spectacle. Voir: ICI.

Bon! et pour l’haleine, qu’est qu’on fait? On commence par éviter le tabac, l’abus d’alcool, le café, l’ail, le piment et les épices en général, et les fromages trop fermentés. On peut mâcher du chewing gum mais il faut le jeter au bout d’une demi-heure car il devient un vrai bouillon de culture. En choisir un de préférence qui soit fluoré et à la chlorophylle. Ne pas oublier se se brosser la langue ou de la frotter avec un racloir à langue, car c’est très souvent le dépôt blanchâtre qu’il y a sur la langue qui est responsable des mauvaises odeurs. Pour la mauvaise haleine chronique, se reporter à l’article « halitose ou mauvaise haleine » (cliquer: ici)

Et pour faire suite au titre de cet article, je le terminerai en vous disant une fois de plus « mordez dans la vie à pleines dents ».