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LE HPV ou Human Papilloma Virus.

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Le grand souci actuel de mes lecteurs est le HPV dont on fait un véritable épouvantail, et qui empoisonne la sexualité de toute une population.

Je pense qu’une sexualité libre de contraintes et d’angoisse est d’une importance capitale pour la santé physique et psychologique de l’être humain, homme ou femme.

J’ai écrit, il y a déjà quelques années, un article assez complet je crois, sur le HPV buccal et qui m’a fait passer sur internet pour le super spécialiste en la matière, ce qui est absolument faux. Mais j’ai eu et j’ai encore tellement de questions sur ce sujet que j’ai été obligé de compléter mes connaissances, et avec toutes les photos que j’ai reçu, j’ai affiné mes capacités à le reconnaître.
Je vais donc reprendre l’ancien article pour l’enrichir des connaissances que j’ai acquises avec ce blog.

Mon premier article a été consacré au HPV buccal, mais le mode de contamination quasi exclusivement sexuel, fait qu’il est considéré comme une IST(Infection Sexuellement Transmissible).
Compte tenu des questions et des photos que je reçois, et qui reflètent l’angoisse de tous ceux qui sont en activité sexuelle, et ils sont forcément très nombreux, je vais élargir ma recherche, pour essayer de rassurer un peu mes lecteurs, dont certains gâchent leur vie sexuelle avec la phobie du HPV.

Les papillomavirus sont un groupe de petits virus très répandus dans la nature. Ils infectent de nombreux mammifères et ont un tropisme particulier pour les kératinocytes des épithéliums malpighiens qu’ils soient kératinisés ou non. (wikipédia).

Les verrues de la peau, en particulier celles des mains (HPV 7), sont dues aux papillomavirus.

Il faudrait donc dire « les papillomes buccaux » car le virus qui en est la cause, le papillomavirus (HPV), présente 80 formes répertoriées et numérotées et l’on pense à l’heure actuelle qu’il y a entre 150 à 200 souches différentes. L’aspect clinique reste pratiquement le même, l’examen clinique ne permet pas de différencier les multiples formes. Il faut donc demander systématiquement un examen d’anatomopathologie car si la grande majorité est bénigne, certaines formes ont un potentiel dégénératif non négligeable, surtout chez les fumeurs.
On appelle la lésion du HPV, tantôt « papillome », tantôt « papillome », et tantôt « verrue ».
Dans certaines publications on dit condylome pour la lésion visible macroscopiquement, et on dit papillome pour le tissu histologique. L’appellation « verrue » est généralement réservée à la peau ou à l’ourlet cutanéo-muqueux. Mais pour dire la vérité je n’ai réussi à trouver aucune définition qui puisse différencier ces trois mots: considérons donc, jusqu’à plus ample information, que ce sont des synonymes.

papillome de la langue (texnews).
Papillome de la lèvre (dents-blanche.ch)
Papillomes de la langue (Treat Simply).
Papillome buccal
Papillome de la lèvre inférieure
papillomatose de la lèvre (c3a8vre-odontomagazine-com-br).
HPV des amygdales et de la luette (texnews).

On pense qu’un grand nombre de cancers des amygdales, du pharynx, de la gorge, du larynx et de l’oesophage sont dus au HPV ou papillome buccal.

Le virus  HPV (Human Papilloma Virus) se fixe essentiellement sur la zone anale et génitale, on l’appelle alors aussi « condylome », et c’est lui qui est responsable de 100% des cancers du col de l’utérus, et dans de bien plus faibles proportions des cancers du vagin, de l’anus, du pénis et du scrotum.
Condylome du col de l’utérus:

condylomes vulvaires
condylome du col de l’utérus.

 

condylome du scrotum(jim.fr).
condylome pénien.

Les génotypes HPV 16 et HPV 18 sont les plus virulents en matière de cancer.
La contagion se fait par contact direct de muqueuse à muqueuse (contacts bucco-génitaux) ou même de peau à peau où il donne des verrues. Il semblerait que les hommes soient plus atteints que les femmes.
Les enfants sont aussi contaminés sous forme de verrues, ce sont généralement des souches peu virulentes

Vulgaris Medical

 Comment diagnostiquer le HPV?

Les lésions cutanées et surtout muqueuses du HPV sont assez caractéristiques et faciles à identifier, car granuleuses et avec un reflet blanchâtre, c’est la raison pour laquelle j’ai multiplié les images. Le plus souvent en forme de chou-fleur, ou de fraise, le papillome peut être lisse. Sur la peau il prend la forme de verrue, parfois à tête plate.
Après de longues années l’aspect peut être volumineux:

Le diagnostic visuel est donc plus ou moins facile. On peut le faire par dermatoscopie (loupe à fort grossissement). L’acide acétique (vinaigre blanc) a été abandonné car douloureux et peu fiable. Le meilleur diagnostic se fait à posteriori après biopsie-exérèse et examen anatomo-pathologique, qui aura l’avantage de spécifier la souche et donc sa dangerosité.

Papillome palatin après 7/8 ans

 

Il existe un test sérologique pour savoir si vous avez été en contact avec le HPV. La prise de sang pour le HPV est utilisé pour diagnostiquer la présence du virus dans les cellules de l’organisme, mais n’est pas en mesure de prédire si l’individu va développer des symptômes. Normalement, avant le test sanguin de dépistage du VPH le médecin peut recommander l’abstinence sexuelle pendant 3 jours.
Pour les femmes le Test du frottis vaginal Papanicolaou, ne détecter pas les HPV, mais  sert à détecter des modifications anormales des cellules du col de l’utérus et qui permet ainsi de prévenir le développement du cancer du col de l’utérus.

HISTOLOGIE.
Anatomo-patologie :

Sur le plan histologique, on retrouve de nombreuses caractéristiques, et on cite :
• Papillomatose : allongement et hypersinuosité de la couche basale de l’épithélium entraînant un allongement des crêtes épithéliales et des papilles conjonctives ;
• Acanthose marquée : épaississement de l’épithélium causé par une prolifération de la couche épineuse ;
• Quantité variable de parakératine ;
• Présence dans la couche épineuse de cellules ballonisées, vacuolisées
présentant un noyau pycnotique et un halos périnucléaire non uniforme  (= aspect histologique de koïlocytes).

Coupe histologique de tissu infecté par le HPV (inf3s-campus.numérique)

aspect évocateur d’une infection à HPV avec présence de koïlocytes (clarification périnucléaire du cytoplasme.

Le génome: le génome est la signature ADN de chaque souche de HPV. Il est très important de la rechercher pour savoir de quelle souche il s’agit et d’être fixé sur sa virulence et sa capacité à dégénérer en cancer.

Le site « professeur-joyeux.com nous dit:

  • Les virus à tropisme muqueux et génitaux à fort potentiel cancérigène, surtout : HPV-16, 18, 31, 33, 35, 45, 51, 52, 58… Les HPV-16 et 18 sont les plus virulents, responsables d’irritation chronique évoluant vers le cancer dans les zones où ils peuvent se sanctuariser pour se développer : col utérin, pénis, zone ORL chez l’homme comme chez la femme.
  • Les virus à tropisme muqueux et génitaux à faible potentiel cancérigène, surtout HPV-6 et 11 responsables de papillomes et condylomes anaux génitaux que l’on peut observer chez l’homme comme chez la femme sur les voies génitales externes et la zone anale. Les “condylomes” correspondent aux “verrues génitales” dites “végétations vénériennes” ou “crêtes de coq” .
  • Les virus à tropisme cutané non-cancérigènes, surtout HPV-1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 10, 27, 57, 60… responsables de verrues dites vulgaires, favorisées par le grattage et par contact indirect avec des objets et/ou des surfaces contaminés dans des locaux à l’hygiène douteuse : les douches publiques, les hammams, les sièges de toilettes mal nettoyés, surtout les piscines publiques, favorisent la propagation des verrues plantaires si fréquentes chez les enfants.

 Je rajouterai pour arrêter cette angoisse collective que déclenche le virus HPV, que quelle que soit la souche dont on est contaminé, l’exérèse du condylome annule risque. Le danger est de ne pas retirer le condylome, ou de ne pas le voir. Il faut donc mettre toute son attention à tout détecter pour ne pas passer à côté.
Évidement, la vigilance et la surveillance est de règle en cas de souche virulente. Mais avoir un HPV 16 ou 18 ne veut pas dire qu’on a ou qu’on aura un cancer. D’autant que la maladie guérit spontanément au bout de 2 ou 3 ans, et qu’on est ensuite immunisé contre cette souche particulière.

Contamination et durée d’incubation.

La contamination est directe peau à peau ou muqueuse à muqueuse. Elle peut être bucco-buccale, génito-génitale ou bucco-génitale.
Le virus est absent du sperme, de la salive ou du sang, qui ne sont donc pas contaminant..
La fréquentation de lieux publics comme les piscines, les gymnases, les clubs de sport, les saunas sont un des modes de transmission classiquement cités pour les verrues des souches peu virulentes.
On peut être contaminé sans le savoir car le HPV peut être asymptomatique: on est alors porteur sain. C’est à dire qu’on est contagieux même sans avoir la maladie. On estime que 70% de la population active sexuellement a été porteuse d’un HPV au cours de sa vie, même sans aucune symptomatologie. On peut être contaminé plusieurs fois par différents génotypes mais pas par le même.
La durée d’incubation des HPV est mal connue et semble varier , entre 3 semaines et plusieurs mois, en fonction du statut immunitaire de l’hôte et de la souche à laquelle on a été exposé.
Affin de couper court à toutes demandes sur ce sujet, sachez, que l’apparition d’un HPV n’est absolument pas la preuve d’une infidélité du partenaire, car on peut être porteur du virus pendant des années, voir même la vie entière, sans même en avoir aucun signe. 

Traitements.

Personnellement, je ne connais aucune traitement du HPV, mais je sais que des nouveaux produits antiviraux sont à l’étude et certains même déjà commercialisés.
Le traitement du HPV s’ajuste en fonction du type de lésion  et de sa localisation. Chez beaucoup d’hommes et de femmes, le HPV disparaît de lui-même sans occasionner de problèmes médicaux, et donc sans qu’un traitement ne soit nécessaire, surtout pour les souches les moins virulentes.
Les papillomavirus à bas risque entraînent toujours des lésions bénignes, de type verrues génitales (condylomes acuminés ou « crêtes de coq »), visibles à l’œil, sans autre symptôme associé.
Les des papillomavirus à risque,ont un risque à long terme (après 20 à 30 ans d’exposition) de développer un cancer en l’absence de suivi. Les femmes sont inégales face à ce virus à risque : 70 à 80 % d’entre elles l’éliminent par leur propre immunité. Ce qui n’est pas le cas des 20 % restantes : le virus persiste alors dans l’organisme.
Il en ressort que le traitement est la suppression de tous les papillomes: bistouri, électrocoagulation, laser, azote liquide…etc…
Bien sûr, en tant que chirurgien, je vous dirai que je suis pour les exérèses qui ne détruisent pas la pièce opératoire et permettent de l’envoyer systématiquement au laboratoire pour analyse anatomo-pathologique. Et c’est plus proprement fait…et la cicatrisation est bien meilleure et sans cicatrice (si vous avez un bon chirurgie).

Prévention.

La protection lors des rapports sexuels est une possibilité, mais il est difficile de protéger la bouche.

L’avenir est dans la vaccination contre les papillomavirus. Elle existe déjà chez les jeunes filles avant leur premier rapport sexuel afin de prévenir les cancers du col de l’utérus. Cette même vaccination commence à être étendue aux jeunes garçons dans certains pays, puisqu’ils sont eux aussi exposés aux condylomes et aux cancers de la gorge

Conclusion.

Je crois avoir tout dit en ce qui concerne le HPV, si j’ai oublié quelque chose, dites le moi.
J’ai écrit cet article essentiellement pour dédramatiser le HPV, car je pense que l’acte amoureux et une des plus belles choses qui soit sur terre…et qu’il ne faut pas se laisser gâcher la vie par des angoisses inutiles.
Je le répète une fois de plus, que les hypocondriaques cancérophobes convertissent leur angoisse en préventomania et qu’ils se fassent faire des contrôles… mais ils trouveront toujours quelque chose d’autre pour fixer leur angoisse existentielle!…
Il se trouve que le HPV, n’est pas systématiquement cancérogène, qu’il guérit spontanément, et qu’il est souvent, malheureusement pas toujours, visible.
Avec un certain nombre de précautions…on doit pouvoir se libérer de cette angoisse!!!…

Pour écrire ce long (trop long?) article, il m’a fallu un gros travail de compilation, pour ne pas dire de « pillage », d’un grand nombre de publications sur internet. Il aurait été trop fastidieux pour les lecteurs de citer tous les auteurs, et je les prie de m’en excuser; je les remercie pour leur travail, mais il m’a fallu à moi aussi des heures et des heures de travail…et je crois faire oeuvre utile pour tous, je n’en ressens donc aucune culpabilité!!!…



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Dr. Albert Hauteville
Albert HAUTEVILLE Né le 17 Octobre 1935 . Chirurgien Dentiste diplômé de la Faculté de Médecine de Paris (Ecole Odontologique de Paris) en 1960, durant une période courte où les dentistes étaient formés par la faculté de Médecine et avaient la possibilité facultative de suivre en même temps les cours de médecine, ce qu'il a fait. Docteur en Chirurgie Dentaire. Docteur en Sciences Odontologiques. Certificat d'Enseignement Supérieur en parodontologie Diplômé Universitaire en Chirurgie Buccale de Paris V. Diplômé Universitaire en Parodontologie de Paris VII. Ex-Assistant à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Paris V. Ex-Assistant en Odontologie des Hôpitaux de Paris. Titulaire du Diplôme d'Etudes et de Recherches en Sciences Odontologiques. Ex Chargé de cours au Diplôme Universitaire d'Implantologie Paris V .Ex-enseignant auprès des écoles d’Assistantes Dentaires et d'Infirmières. Ex-Expert auprès de la Sécurité Sociale. Ex-Chef de Service de Parodontologie à l'Institut Eastman de Paris. Ex-Attaché de Consultation au Service de Stomatologie de l'Hôpital Ste.Anne à Paris. A fait des stages de formation en occlusodontie avec le Pr. JANKELSON et avec et le Pr. RAMFJORD. Co-auteur et responsable de publication du livre publié en 1989 en français et en italien, aux Editions Masson : "Manuel d'Odontologie Chirurgicale"(épuisé). Retraité depuis 2001. Service Militaire 1960-62 en temps qu'officier de réserve du Service de Santé. A exercé à Paris pendant 38 ans, et depuis 1976 exclusivement la stomatologie, à l'exclusion de toute prothèse ou soins dentaires: c'est à dire surtout la Chirurgie Buccale, Pathologie et Thérapeutiques, Parodontologie et Implantologie. A fait 18 ans de psychanalyse personnelle et des formations en hypnose, sophrologie, training autogène, Gestalt-thérapie, bio-energie, sexologie, et dynamique de groupe. Son fils Jean Philippe Hauteville, Prothésiste Conseil, apporte sa collaboration à la réalisation de ce blog, au niveau de tout ce qui concerne la prothèse dentaire. Le Dr. Hauteville, retraité depuis 2001 souhaite mettre ses connaissances et son expérience à la disposition de tous ceux qui le désirent, professionnels ou grand public, et répondre aux questions que voudront poser les lecteurs directement sur le blog. Publier des articles, regroupant les réponses aux interrogations des patients durant 40 ans, et des cours pour les étudiants en odontologie rendus accessibles à tous.

4 COMMENTS

  1. Bonsoir

    Voila y a un peu plus d’une semaine le gynécologue m’a découvert des lésions à l’entrée du vagin.
    Elle m’a parlé du HPV mais je n’ai toujours pas les résultats.

    Et depuis 2 mois environ j’ai une gêne dans la gorge , mal à la langue parfois , que j’ai montrer à son remplaçant il m’a dit que ce n’était rien, je fumais le cannabis mais arrêter depuis bientôt 2 mois , j’ai toujours cette gêne avec une partie de la langue (au milieux) blanche et des petits boutons ou verrues je ne sais pas, j’ai essayé de cherché sur internet en vains.
    et du coup m’a question : si le HPV peut donner une partie de la langue blanche ?
    je m’inquiète un peu
    s’il vous plait répondait moi 🙁

  2. Bonjour Docteur,

    L’incidence du hpv dépend d’une autre infection. L’adeno Associé virus 2, un parvovirus qui s’attrappe En concomitance avec un adenovirus. (Rhume infantile).
    Ce qui explique pourquoi la quasi totalité de la population est immunisée contre le HPV.
    Les raisons pour lesquelles aucun traitement n’a été développé alors que cela est démontré par la recherche fondamentale depuis 2 décennies est plus vague.

    • Je laisse votre message au jugement des lecteurs…je pense que vous avez des informations que je n’ai pas…

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