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L’ANESTHESIE LOCALE.

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Article remis à jour le 18/12/2016.

L’anesthésie locale a été découverte 1884 par Kôller avec l'emploi de la cocaïne sous forme d’hydrochlorate, puis plus tard de la procaïne (novocaïne). Après avoir utilisé pendant très longtemps (et encore maintenant) la Lidocaïne, plus connue sous le nom de Xylocaïne, on utilise maintenant des dérivés très peu toxiques même à fortes doses tels que la carbocaïne, la mépivacaïne ou l’articaïne.

Le produit anesthésiant a pour rôle d’inhiber la conduction nerveuse et donc de réaliser une « section » temporaire des nerfs sensitifs du territoire infiltré.

Pour que l’anesthésie locale soit efficace, il faut lui adjoindre un vasoconstricteur afin que le produit ne diffuse pas trop vite et reste concentré dans la zone où on l’a injecté. Ce vasoconstricteur a pendant très longtemps été l’adrénaline ou épinéphrine (synonyme) que l’on a ensuite abandonnée pour la noradrénaline. L’utilisation du vasoconstricteur doit être prohibée chez les patients hypertendus, les cardiaques vasculaires et les patients sous IMAO, et manipulés avec prudence chez les diabétiques mal compensés.

Matériel utilisé:  on utilise des seringues à cartouches auto injectables  de 2 ml à usage unique. Les cartouches s’appellent aussi des carpules. La seringue à carpule est une armature de métal à baïonnette ou à culasse basculante faite pour recevoir les cartouches d’anesthésique.

SERINGUE SOUS EMBALLAGE STERILE

anesthesie-carpulesUne cartouche entamée ne doit jamais être réutilisée sur un autre patient car il y a une aspiration due à l’élasticité du bouchon-piston en caoutchouc , qui provoque une remontée du sang qui se mélange au liquide anesthésiant.

Les aiguilles jetables à usage unique sont incassables et peuvent être coudées pour piquer dans des angles difficiles; elle font généralement 0,30 mm de diamètre et 16, 21 ou 40 mm de long selon le type d’anesthésie envisagé; elles sont munies d’un triple biseau et sont siliconées pour permettre une pénétration plus facile et indolore. Les aiguilles sont bipointes: une partie servant à l’injection, l’autre à perforer la cartouche d’anesthésique.

Aiguille à triple biseau.

L’anesthésique est conditionné sous forme de cartouches qui sont des tubes cylindriques de verre obturés d’un côté avec un bouchon en caoutchouc serti avec une collerette de laiton. Le bouchon de caoutchouc  sera perforé par la deuxième pointe de l’aiguille. De l’autre côté avec un bouchon cylindrique de caoutchouc qui sera poussé par le piston de la seringue pour l’injection.

La cartouche doit être tiédie avant utilisation, pour diminuer la douleur à l’injection et surtout minimiser les risques d’alvéolite postopératoire.

Il faut d’abord faire faire un bain de bouche désinfectant, puis passer un antiseptique sur toute la zone qui va être piquée, ensuite frotter l’endroit du premier impact avec un coton tige imprégné d’un anesthésique de surface (« anesthésie topique »). L’injection doit être lente et sans trop forte pression. Les points d’impact suivants se font de proche en proche sur le territoire déjà anesthésié par le premier impact. En procédant de la sorte l’anesthésie est pratiquement sans douleur pour le patient.

La dose habituelle est de 2 à 3 cartouches pur une anesthésie, mais il est fréquent d’en utiliser 5. La dose maximum est de 10  cartouches soit 20 ml et ne pose aucun problème en cas de nécessité.

Technique d’anesthésie locale:

Le biseau de l’aiguille doit toujours être tournée vers l’os.
L’anesthésie locale d’une dent pour soins dentaires peut se faire uniquement par des injections para-apicales vestibulaires et palatines; dans le fond du vestibule à la hauteur des apex des dents, on injecte une demi cartouche, et ensuite en lingual l’autre moitié le plus apicalement possible.
Mais l’anesthésie para-apicale est souvent insuffisante, il faut alors compléter avec des points d’injections intra-ligamentaires, directement dans le desmodonte, intra-septaux, au travers du septum, et intra-osseux, ces trois dernières  avec des aiguilles courtes de 16 mm et des seringues spéciales permettant une forte pression et une protection des cartouches qui risquent d’exploser. L’injection de l’anesthésique pour ces dernières techniques est un peu douloureuse, et il faut en informer  les patients et bien leur expliquer qu’il vaut mieux accepter d’avoir mal quelques secondes pour être ensuite totalement tranquille pendant plus d’une heure.

L’anesthésie rétro-tubérositaire se fait comme une anesthésie locale en coudant l’aiguille à 90° et en piquant derrière la tubérosité du maxillaire supérieur. Elle donne de très bons résultats pour les dernières molaires supérieures.

L’anesthésie au trou palatin antérieur: on anesthésie le nerf naso-palatin, on pique dans la papille palatine rétro-incisive, en coudant légèrement l’aiguille et en l’enfonçant le plus loin possible; elle donne d’excellents résultats et anesthésie même le plancher des fosses nasales.

L’anesthésie au trou sous-orbitaire, au dessus de l’apex de la canine supérieure; on pique en glissant le long de l’os pour remonter plus haut vers le trou sous orbitaire qu’on a préalablement repéré au doigt. On anesthésie la canine et les deux incisives. Une anesthésie bilatérale donne une anesthésie du bloc incisivo-canin supérieur.

L’anesthésie au trou mentonnier pour le groupe incisivo-canin inférieur se fait en dessous de l’apex des prémolaires inférieures en descendant verticalement. Des injections bilatérales anesthésient incisives et canines inférieures et les prémolaires.

Pour certaines dents de la mandibule, une anesthésie régionale tronculaire à l’épine de Spyx, plus exactement au foramen mandibulaire sera nécessaire. L’anesthésie régionale sera traitée dans un autre chapitre.

Lien intéressant: ICI.



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Dr. Albert Hauteville
Albert HAUTEVILLE Né le 17 Octobre 1935 . Chirurgien Dentiste diplômé de la Faculté de Médecine de Paris (Ecole Odontologique de Paris) en 1960, durant une période courte où les dentistes étaient formés par la faculté de Médecine et avaient la possibilité facultative de suivre en même temps les cours de médecine, ce qu'il a fait. Docteur en Chirurgie Dentaire. Docteur en Sciences Odontologiques. Certificat d'Enseignement Supérieur en parodontologie Diplômé Universitaire en Chirurgie Buccale de Paris V. Diplômé Universitaire en Parodontologie de Paris VII. Ex-Assistant à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Paris V. Ex-Assistant en Odontologie des Hôpitaux de Paris. Titulaire du Diplôme d'Etudes et de Recherches en Sciences Odontologiques. Ex Chargé de cours au Diplôme Universitaire d'Implantologie Paris V .Ex-enseignant auprès des écoles d’Assistantes Dentaires et d'Infirmières. Ex-Expert auprès de la Sécurité Sociale. Ex-Chef de Service de Parodontologie à l'Institut Eastman de Paris. Ex-Attaché de Consultation au Service de Stomatologie de l'Hôpital Ste.Anne à Paris. A fait des stages de formation en occlusodontie avec le Pr. JANKELSON et avec et le Pr. RAMFJORD. Co-auteur et responsable de publication du livre publié en 1989 en français et en italien, aux Editions Masson : "Manuel d'Odontologie Chirurgicale"(épuisé). Retraité depuis 2001. Service Militaire 1960-62 en temps qu'officier de réserve du Service de Santé. A exercé à Paris pendant 38 ans, et depuis 1976 exclusivement la stomatologie, à l'exclusion de toute prothèse ou soins dentaires: c'est à dire surtout la Chirurgie Buccale, Pathologie et Thérapeutiques, Parodontologie et Implantologie. A fait 18 ans de psychanalyse personnelle et des formations en hypnose, sophrologie, training autogène, Gestalt-thérapie, bio-energie, sexologie, et dynamique de groupe. Son fils Jean Philippe Hauteville, Prothésiste Conseil, apporte sa collaboration à la réalisation de ce blog, au niveau de tout ce qui concerne la prothèse dentaire. Le Dr. Hauteville, retraité depuis 2001 souhaite mettre ses connaissances et son expérience à la disposition de tous ceux qui le désirent, professionnels ou grand public, et répondre aux questions que voudront poser les lecteurs directement sur le blog. Publier des articles, regroupant les réponses aux interrogations des patients durant 40 ans, et des cours pour les étudiants en odontologie rendus accessibles à tous.

17 COMMENTS

  1. Olhar para tras e verificar que aprendemos, nos empenhamos, e que foram boas as coisas que fizemos, é uma das experiências mais gratificantes para qualquer pessoa de bem.
    Imagino como se sente feliz este nosso prezado Dr Hauteville.
    Conhecê-lo pessoalmente, ver que tem a simplicidade dos sábios, foi o coroamento de um ano em que muitas coisas boas nos aconteceram.

  2. Bonjour docteur,

    Je viens à vous suite à un rdv chez le dentiste hier, pour soigner un point sur l’émail situé sur la 2e prémolaire inférieure, juste entre celle-ci et la première. Je précise que la 1ere prémolaire a été recouverte il y a un mois par une couronne suite à une pulpite gangrénée et qu’elle est depuis un peu sensible, d’autant plus que le dentiste hésitait à me faire une greffe de gencive car ma gencive est très sensible et très fine.
    Ainsi, pour soigner ce « point », le dentiste a commencé bien sur par anesthésier la dent, à plusieurs reprise car la sensibilité était encore présente. Par conséquent il a anesthésié également autour de ma couronne.
    Pendant l’intervention je n’ai pratiquement rien senti, mais au moment où l’anesthésie a cessé de faire effet j’ai ressenti une violente douleur autour de cette zone sans réellement savoir d’où elle venait. Après avoir regardé, je vois que la gencive sous ma couronne est d’un gris très foncé notamment du côté intérieur (vers la langue), presque noir, et je remarque des saignements dont un assez vif au niveau de la racine de la canine voisine de la dent couronnée…

    La douleur est passée grâce à des anti-inflammatoires mais je m’inquiète un peu quant à la nature de ces réactions… Est-ce normal ? Y a-t-il quelque chose à faire ?

    Je vous remercie par avance de votre réponse…

    Cordialement,

    Julie M.

    • Pouvez vous m’envoyer une photo de votre gencive? ça ne doit pas être bien grave mais sans voir il est difficile de me faire une idée.

      • Bonjour Mr, je suis une étudiante en médecine dentaire en Algérie en 3ème année, on m’a donner un exposé concernant l’anesthésie en parodontologie sincèrement j’ai pas trouver de document précis pour des techniques spécifiques a la parodontologie ou les indications de chaque technique en parodontologie. si vous pouvez m’aider !

  3. bonjour
    je suis déconcerté suite a la visite de mon compagnon hier chez le dentiste pour soigner une molaire du haut apres l’anesthesie mon compagnon a eu un voile devant l’oeil ce matin il est retourner en urgence voir un stomato qui lui dis que probablement sa collegue a toucher un nerf mais sa vision est toujours trouble du coté de l’anestesie il lui a prescrit des gouttes hydratante pour l oeil et un antiinflamatoire selon vous es ce normale? combien de temps gardera t il la vison trouble ? meme la pharmatienne n’avais jamais entendu cela on s inquiete enormement 🙁
    merci a vous

      • merci pour votre reponce
        j’espere je pense que le nerf a juste ete toucher car aucune extraction n a ete fait mais es ce reellement reversible car sans sa vision c est assez difficile ….

  4. Bonsoir,
    Mon dentiste m’a fait une anesthésie très rapide qui a demandé trois tubes d’injection. Je suis responsable en partie, car je m’étais trompé d’un quart d’heure sur l’heure de rdv. Cependant, l’anesthésie a été si singulière qu’elle a duré plusieurs heures. Je m’interroge sur les risques que j’ai encourus et, conséquemment, sur le sens des responsabilités du praticien. Pourriez-vous me dire ce qu’il en est ?
    Cordialement.
    Harvey

  5. Bonjour à toutes et à tous!
    Cliquez sur les pubs SVP!
    C’est important pour vous et pour moi également!!!
    Merci pour votre aimable attention!

  6. Bonsoir,
    Je me suis fait enlever Il y a 3 semaines, pour la 2 eme fois ( la 1er il y a un an Et demi sous anésthésie générale), l’apophyse stiloide gauche,(Syndrome d’eagle) sous anésthésie locale. Celle ci n’a pas vraiment fonctionné, puisque toutes les 10/15 min je redevais demander une dose car la douleur était insupportable!!! Sois disant l’opération devait durer 30 min. Finalment, j’ai du tenir 2h. Depuis, j’ai la langue insensible (même sensation que lorsque l’on se brule en mangeant) ainsi que la lèvre inferieure! Cela peut durer combien de temps?
    De plus, j’ai très mal au niveau du conduit auditif, maux de tête et grande difficulté à bouger la machoire (ceci relève peut être plus de votre articule sur le Syndrome Mais pour une fois que j’écris, j’en profite pour le faire sur le même commentaire)
    Pourriez vous me dire si tout cela est normal? Sachant que le post-opératoire d’il y a un an, c’était beaucoup mieux passé, Alors que je m’étais fait operer des deux côtés, Et cette fois d un seul.
    Merci dans l’attente de votre reponse.
    Julia

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