Accueil INFORMATIONS SUR LES PROFESSIONS DENTAIRES.ETIQUE ET DEONTOLOGIE; ASEPSIE ET ANTISEPSIE AU CABINET DENTAIRE.

ASEPSIE ET ANTISEPSIE AU CABINET DENTAIRE.

1158
0

Article remis à jour le 16/08/2016.

Je pense que l’un des critères de choix d’un praticien est le niveau d’hygiène de son local opératoire, et en tant que « conseil dentaire », je me dois de vous informer du mieux possible. Je vais donc vous soumettre le cours que je faisais aux étudiants en odontologie et aux assistantes dentaires,  afin que vous puissiez être à même d’en juger par vous même.

Définitions:

Asepsie = absence totale de tout germe quel qu’il soit, bactérien, viral ou fongique.

Antisepsie = ensemble des mesures à prendre pour combattre la présence de micro-organismes pathogènes.

De ces définitions, il ressort que l’asepsie est un état statique : l’absence totale de germes obtenue par la stérilisation du matériel.
Par contre l’antisepsie est une notion dynamique, elle tend vers l’asepsie, mais elle n’est pas forcément totale.

Dans la pratique chirurgicale, asepsie et antisepsie ont pour but d’éviter la contamination d’un patient à un autre par un agent pathogène, ou la surinfection d’une plaie opératoire.
Elles concernent aussi bien les locaux, le gros matériel, l’instrumentation et les personnes.

Il est bien évident que dans la pratique courante, en cabinet dentaire, il est très difficile d’avoir la même rigueur qu’en bloc opératoire, mais il faut essayer de s’en approcher le plus possible. L’apparition de maladies virales contagieuses comme les hépatites et le SIDA rendent encore plus impérieuses la nécessité d’une décontamination rigoureuse.

Locaux et gros matériel. Le cabinet opératoire doit être dépourvu de tout objet de décoration. Si la superficie des locaux le permettent, il est préférable que le bureau soit dans une pièce séparée. Les murs doivent être laqués et les sols carrelés et faciles à entretenir.
Le matériel professionnel ne doit pas seulement être nettoyé avec des détergents, mais également désinfecté avec des produits antiseptiques liquides ou en bombes aérosol. Rappelons que l’hypochlorite de soude, appelée communément eau de Javel, est, à la concentration de 5,5 %, un des meilleurs antiseptiques qui soient. Profitons en au passage pour dire que l’alcool à 90° est un piètre désinfectant, et qu’il vaudrait mieux le remplacer dans toutes les armoires à pharmacie familiales par la solution de Dakin  qui lui est bien supérieure.
Les circuits d’eau d’irrigation doivent être alimentés, pour les praticiens qui pratiquent la chirurgie par des réservoirs en circuit fermé, avec de l’eau stérile. Il existe des additifs à mettre dans cette eau pour décontaminer les tuyauteries.
Quant au circuit d’aspiration, il doit être désinfecté après chaque intervention avec des produits spéciaux à cet effet.
Les contre angles des turbines doivent être stérilisables et changés à chaque patient, ce qui entraîne un gros investissement car il coûtent très cher et il en faut une dizaine pour pouvoir tourner par demi journée.
Pour la chirurgie, toutes les tuyauteries externes doivent être recouvertes de gaines stériles jetables.

Instrumentation.

1°- Décontamination: sitôt après leur utilisation, les instruments doivent être immergés dans une solution antiseptique décontaminante. On utilise des aldéhydes ou des ammoniums quaternaires. Ils seront ensuite nettoyés à la brosse et au savon, soigneusement rincés et séchées.

2°- Emballage. Une fois secs, il seront placés sous emballages fermés et scellés. Les instruments destinés à servir seuls peuvent être emballés dans des sachets transparents scellés. Tous les emballages, boite, sachets, tubes de verre, doivent contenir un indicateur de stérilisation qui change de couleur à haute température et qui indique le passage au stérilisateur. Si on ouvre une boite stérile pour y prélever un instrument, ce ne peut être que par l’intermédiaire d’une pince stérile; le couvercle de la boite ne doit jamais être posé sur sa face interne qui est stérile, mais sur sa face externe qui ne l’est pas.

EMBALLAGE STERILE

3°- Stérilisation. Elle  doit se faire en utilisant les autoclaves à vapeur d’eau, seuls matériels qui ont des programmes éliminant le prion, et ce pendant 20 minutes à 134°C. On peut aussi utiliser des autoclaves à vapeurs chimiques. Les autoclaves endommagent moins le matériel et respectent mieux le linge opératoire que les anciennes étuves à chaleur sèche, à condition que les emballages soient spécialement conçus pour être perméables aux vapeurs stérilisantes.

AUTOCLAVE

Le matériel non autoclavable doit être trempé 10 à 15 minutes dans du SIDEX ®;

4°- Le matériel à usage unique. Il faut toujours donner la préférence à tout le petit matériel et au linge à usage unique, jetés après chaque utilisation.

5°- La chaine de l’asepsie. Toute l’instrumentation doit arriver stérile jusqu’au moment de son utilisation. La série de manoeuvres à effectuer dans ce but s’appelle « chaine de l’asepsie ».

-les mains de l’opérateur et de son aide sont un des principaux vecteurs de contamination. Le lavage des mains et leur protection sont donc particulièrement important. Les robinets, savonnettes et brosses sont des lieux privilégiés de septicité. Il ne doit être utilisé que du savon liquide. Les robinets et distributeurs de savon doivent être manoeuvrables au pied ou au coude. Les brossages imtempestifs des mains et des bras ont été délaissés car ils font ressortir les bactéries enfouies pans les pores de la peau: on se limitera donc au brossage des ongles et à la désinfection des mains avec des produits adaptés à cet usage.Le lavage doit bien se faire  entre les doigts en les  croisant. Le séchage des mains doit se faire avec une soufflerie d’air chaud. Pour les soins courants, on peut utiliser des gants d’examen non stériles mais jetés après chaque patient. Mais pour la chirurgie, l’opérateur et son aide doivent porter des gants stériles et ne toucher que des objets stériles jusqu’à la fin de l’intervention.

– la table instrumentale : pour les soins courants les instruments doivent toujours être redéposés dans un plateau et pas n’importe où. Pour les interventions chirurgicales les instruments ne peuvent être déposés que sur des champs stériles.

– pour le matériel à usage unique, il ne faut pas oublier que seul l’intérieur de l'emballage est stérile, l’extérieur ne l’est pas et ne doit pas entrer en contact avec des champs ou des instruments stériles.

Les personnes, c’est à dire l’opérateur et son aide ne doivent pas avoir les cheveux qui traînent, ils doivent être ramassés ou en chignon. Pour une intervention chirurgicale le port d’une « charlotte  » jetable est indispensable. Il doit en être de même pour le patient, et son thorax doit être recouvert d’un champ stérile.

Bien sûr, mon point de vue est celui d’un spécialiste en chirurgie. Mais qui peut le plus peut le moins.

NB. Les règles d’hygiène énoncées ici sont valables dans la vie courante chez vous:
le lavage des mains doit bien se faire entre les doigts, le couvercle d’une casserole doit toujours être posé sur sa face externe, les verres qui sèches ne doivent pas reposer à l’envers pour ne pas être contaminés pas le séchoir à vaisselle, il faut éviter de toucher les robinets dans les toilettes publiques.( d’où les systèmes automatiques ou au pied)…etc…



Article précédentDENTS ET ALIMENTATION.
Article suivantANATOMIE DE LA GENCIVE.
Dr. Albert Hauteville
Albert HAUTEVILLE Né le 17 Octobre 1935 . Chirurgien Dentiste diplômé de la Faculté de Médecine de Paris (Ecole Odontologique de Paris) en 1960, durant une période courte où les dentistes étaient formés par la faculté de Médecine et avaient la possibilité facultative de suivre en même temps les cours de médecine, ce qu'il a fait. Docteur en Chirurgie Dentaire. Docteur en Sciences Odontologiques. Certificat d'Enseignement Supérieur en parodontologie Diplômé Universitaire en Chirurgie Buccale de Paris V. Diplômé Universitaire en Parodontologie de Paris VII. Ex-Assistant à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Paris V. Ex-Assistant en Odontologie des Hôpitaux de Paris. Titulaire du Diplôme d'Etudes et de Recherches en Sciences Odontologiques. Ex Chargé de cours au Diplôme Universitaire d'Implantologie Paris V .Ex-enseignant auprès des écoles d’Assistantes Dentaires et d'Infirmières. Ex-Expert auprès de la Sécurité Sociale. Ex-Chef de Service de Parodontologie à l'Institut Eastman de Paris. Ex-Attaché de Consultation au Service de Stomatologie de l'Hôpital Ste.Anne à Paris. A fait des stages de formation en occlusodontie avec le Pr. JANKELSON et avec et le Pr. RAMFJORD. Co-auteur et responsable de publication du livre publié en 1989 en français et en italien, aux Editions Masson : "Manuel d'Odontologie Chirurgicale"(épuisé). Retraité depuis 2001. Service Militaire 1960-62 en temps qu'officier de réserve du Service de Santé. A exercé à Paris pendant 38 ans, et depuis 1976 exclusivement la stomatologie, à l'exclusion de toute prothèse ou soins dentaires: c'est à dire surtout la Chirurgie Buccale, Pathologie et Thérapeutiques, Parodontologie et Implantologie. A fait 18 ans de psychanalyse personnelle et des formations en hypnose, sophrologie, training autogène, Gestalt-thérapie, bio-energie, sexologie, et dynamique de groupe. Son fils Jean Philippe Hauteville, Prothésiste Conseil, apporte sa collaboration à la réalisation de ce blog, au niveau de tout ce qui concerne la prothèse dentaire. Le Dr. Hauteville, retraité depuis 2001 souhaite mettre ses connaissances et son expérience à la disposition de tous ceux qui le désirent, professionnels ou grand public, et répondre aux questions que voudront poser les lecteurs directement sur le blog. Publier des articles, regroupant les réponses aux interrogations des patients durant 40 ans, et des cours pour les étudiants en odontologie rendus accessibles à tous.

LEAVE A REPLY