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ETHIQUE PROFESSIONNELLE ET DÉONTOLOGIE.

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Ethique professionnelle: voilà un sujet qui me tient à coeur. Je suis d’autant plus libre d’en parler que je suis maintenant hors de la profession, hors de toute règle et de toute censure. Je ne peux pas non plus être accusé de publicité puisque je n’exerce plus et n’en tirerai aucun bénéfice.

Malheureusement la profession, comme partout, a ses brebis galeuses, âpres au gain et pour qui le lucre passe avant tout. Mais le système est vicié dés le départ. Pourquoi?
Prenons comme exemple la médecine, puisque la loi nous y a assimilé en tous points et notre Conseil de l’Ordre a été calqué sur le sien. Une grande différence cependant subsiste: on a séparé la Médecine de la Pharmacie. Le médecin prescrit des médicaments qu’il ne vend pas! c’est le pharmacien qui les vend. Il n’est donc pas tenté de prescrire des médicaments chers pour faire plus de bénéfices. Le chirurgien dentiste prescrit des prothèses qu’il vend: la tentation est donc grande de prescrire des prothèses chères!
Regardez l’exemple des Vétérinaires qui prescrivent les médicaments qu’ils vendent. Et regardez les abus auquel cela mène. Je ne suis pas en train de dire que tous les odontologistes sont malhonnêtes et je serais désolé qu’on le croit. J’ai vécu de cette profession pendant 40 ans et n’ai nullement l’intention de cracher dans la soupe. Mais je trouve que ceux qui voient en premier  l’intérêt supérieur du patient, et ils sont très nombreux, ont énormément de mérite, d’autant plus que les contraintes auxquelles les soumet à l’heure actuelle la Sécurité Sociale sont insupportables et malheureusement souvent contraires à l’intérêt du patient. Par exemple: les pouvoirs publics n’ont pas encore compris, ou on fait semblant de ne pas comprendre, que la prévention coûte moins cher que la thérapeutique. Un détartrage est fixé et remboursé une somme dérisoire par rapport au temps réel qu’il demande pour être exécuté correctement. Il y a donc plusieurs attitudes devant un tel problème: ou bien le praticien fait son travail correctement et il perd de l’argent; il est donc obligé d’augmenter le prix de ses prothèses libres pour pouvoir se rattraper, et on le traitera de voleur parce qu’il est trop cher! Ou bien il consacre le temps correspondant à la rémunération qu’on lui offre et ce au détriment du patient qui sera mal soigné. La troisième solution sera d’appeler le détartrage « surfaçage » et de le faire payer à son prix juste, mais c’est le patient qui en sera pour ses frais car il sera mal remboursé.
La situation est exactement la même pour l’ endodontie: le traitement canalaire est tellement sous payé que le praticien est obligé de se rattraper sur la couronne qui vient obligatoirement après car toute dent dévitalisée devient cassante et risque de se fracturer. L’astuce vis à vis de la Sécurité Sociale consiste à faire un prix forfaitaire « endodontie+couronne »! En définitive c’est le patient qui paie, et il faut qu’il apprenne à le faire car sa santé vaut bien cela, et la Société a des limites dans la prise en charge des individus.
J’ai bonne mine à critiquer le système! Car j’avais trouvé le moyen d’y échapper: d’une part j’appartenais à cette catégorie privilégiée de praticiens dont la Sécurité Sociale avait libéré les honoraires pour « compétences particulières » et présentation de « titres et travaux » devant une commission, d’autre part je m’étais échappé du système prescripteur-vendeur en ne faisant plus que de la chirurgie à l’exclusion de toute prothèse. C’était donc le praticien traitant qui m’adressait les cas difficiles qu’il ne pouvait pas résoudre lui même et moi qui les exécutait.
Voila ce que j’avais  à dire à propos de l’ETHIQUE PROFESSIONNELLE: il faut que le praticien soit rémunéré à sa juste valeur pour qu’il n’ait aucune raison d’oublier l’Intérêt premier du patient.

Et LA DEONTOLOGIE qu’est-ce que c’est?

C’est un ensemble de règles édictées par le CODE DE DEONTOLOGIE rigoureusement calqué sur celui des Médecins et qui définit le comportement des praticiens entre eux et avec les patients.

Un praticien ne doit jamais critiquer un confrère. D’ailleurs j’estime que ça ne le valorise vraiment pas, bien au contraire!

Un praticien qui reçoit un patient d’un praticien absent en urgence, doit résoudre juste le problème pour lequel le patient l’a consulté, et lui remettre une lettre dans laquelle il explique ce qu’il a fait au praticien traitant habituel. Et ne surtout pas chercher à détourner la clientèle vers lui. Il en est de même pour un patient qui aurait un problème urgent alors qu’il se trouve en déplacement.
Le code dit que les honoraires doivent être établis avec tact et mesure:voila qui ne veut plus dire grand-chose de nos jours.
Le praticien et son assistante sont soumis au secret professionnel et ne peuvent révéler aucune information obtenue au cours de l’exercice de la profession à aucune personne étrangère à la profession médicale liée elle même par le secret professionnel. Cela implique que nous ne pouvons même pas donner l’heure d’un rendez-vous fixé à une personne autre que celle concernée, car ce pourrait être un conjoint jaloux qui surveille l’autre conjoint.
je ne vais pas commenter tous les articles du code de déontologie, mais sachez que la profession n’a droit à aucune publicité même indirecte, qu’un cabinet dentaire ne peut avoir ni vitrine ni d’enseigne sur la rue et que les dimensions maximum de la plaque dans la rue sont fixées à 25 cm sur 30 cm.
Il est interdit de mettre des prospectus ou des cartes de visite dans les boites aux lettres même envoyées par courrier.
La liste des titres autorisés sur les ordonnances et les cartes de visite est très limitative et très contrôlée par le Conseil de l‘Ordre qui demande des comptes et des justificatifs. Je suis pour ma part tout à fait en accord avec ces règles et ces restrictions qui ne peuvent être que bénéfiques à l’image de la profession et freiner les ardeurs des charlatans.

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Albert HAUTEVILLE Né le 17 Octobre 1935 . Chirurgien Dentiste diplômé de la Faculté de Médecine de Paris (Ecole Odontologique de Paris) en 1960, durant une période courte où les dentistes étaient formés par la faculté de Médecine et avaient la possibilité facultative de suivre en même temps les cours de médecine, ce qu'il a fait. Docteur en Chirurgie Dentaire. Docteur en Sciences Odontologiques. Certificat d'Enseignement Supérieur en parodontologie Diplômé Universitaire en Chirurgie Buccale de Paris V. Diplômé Universitaire en Parodontologie de Paris VII. Ex-Assistant à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Paris V. Ex-Assistant en Odontologie des Hôpitaux de Paris. Titulaire du Diplôme d'Etudes et de Recherches en Sciences Odontologiques. Ex Chargé de cours au Diplôme Universitaire d'Implantologie Paris V .Ex-enseignant auprès des écoles d’Assistantes Dentaires et d'Infirmières. Ex-Expert auprès de la Sécurité Sociale. Ex-Chef de Service de Parodontologie à l'Institut Eastman de Paris. Ex-Attaché de Consultation au Service de Stomatologie de l'Hôpital Ste.Anne à Paris. A fait des stages de formation en occlusodontie avec le Pr. JANKELSON et avec et le Pr. RAMFJORD. Co-auteur et responsable de publication du livre publié en 1989 en français et en italien, aux Editions Masson : "Manuel d'Odontologie Chirurgicale"(épuisé). Retraité depuis 2001. Service Militaire 1960-62 en temps qu'officier de réserve du Service de Santé. A exercé à Paris pendant 38 ans, et depuis 1976 exclusivement la stomatologie, à l'exclusion de toute prothèse ou soins dentaires: c'est à dire surtout la Chirurgie Buccale, Pathologie et Thérapeutiques, Parodontologie et Implantologie. A fait 18 ans de psychanalyse personnelle et des formations en hypnose, sophrologie, training autogène, Gestalt-thérapie, bio-energie, sexologie, et dynamique de groupe. Son fils Jean Philippe Hauteville, Prothésiste Conseil, apporte sa collaboration à la réalisation de ce blog, au niveau de tout ce qui concerne la prothèse dentaire. Le Dr. Hauteville, retraité depuis 2001 souhaite mettre ses connaissances et son expérience à la disposition de tous ceux qui le désirent, professionnels ou grand public, et répondre aux questions que voudront poser les lecteurs directement sur le blog. Publier des articles, regroupant les réponses aux interrogations des patients durant 40 ans, et des cours pour les étudiants en odontologie rendus accessibles à tous.

5 COMMENTS

  1. Bonjour,

    En quête d’informations sur le net je suis tombée sur votre site qui est très intéressant. Je me tourne vers vous car j’aurai besoin de conseils vis à vis d’une situation « particulière ».
    En 2011 à l’âge de 12 ans ma sœur se fait poser un appareil dentaire mais uniquement sur la rangée supérieure de dents. En 2011 et en 2012 ma mère ou moi-même, à chacune des visites, demandions à l’orthodontiste de poser un appareil sur la rangée inférieure des dents. Pendant ces 2 années cet orthodontiste n’a eu de cesse de nous répéter qu’il n’en voyait pas nécessairement l’utilité, que l’on pouvait encore attendre, que ce n’était pas pressé…Fin 2012 ma sœur enlève enfin ses bagues sur la rangée supérieure (soit 2 années d’orthodontie) et a une gouttière transparente qu’elle doit porter la nuit dans le cadre de son année de contention.
    Le problème c’est que lors de notre dernière visite de contrôle en février 2013 l’orthodontiste s’étonne limite de ne pas avoir posé d’appareil sur la rangée inférieure et nous demande si nous souhaitons (comme si c’était une option) le faire. Et là justement j’ai un problème à ce niveau : les 2 années d’orthodontie ont été facturées à 2400 euros, la gouttière 450 euros. Et là il nous présente une facture pour une année d’orthodontie pour la rangée inférieure de 1200 euros. J’ai tenté de lui expliquer que je ne trouvais pas ça « normal » étant donné qu’en 2011 et 2012 soit 2 années nous n’avons eu de cesse de lui répéter que ma sœur avait également besoin d’un appareil sur la rangée inférieure. Si cet orthodontiste avait posé l’appareil plus tôt cela fait longtemps que ma sœur aurait fini son traitement actif. Clairement dans cette situation ça l’oblige a reporté un appareil (ce qui n’est pas forcément évident pour elle) ce qui sous-entend une année de traitement en plus, et surtout ça nous oblige à repayer une année en plus alors que si l’orthodontiste avait accepté de poser cette appareil plus tôt et ne pas attendre 2 années le coût de la pose inférieure aurait été compris dans ce que nous avons déjà payé en 2011 et 2012. En effet, lorsque l’on paie des frais d’orthodontie le prix reste le même pour une « bouche entière » ou pour la pose sur une partie inférieure ou supérieure.
    D’où ma question sommes-nous tenues de payer cette somme alors que nous considérons que notre orthodontiste a « traîné » 2 années car si tous les praticiens fonctionnent comme cela c’est facile d’allonger la facture en décomposant les phases de poses d’un appareil (surtout que nous n’avons aucun remboursement de la part d’une mutuelle). Est-ce normal pour un orthodontiste de fonctionner comme cela et surtout d’attendre 2 années entre la pose d’un appareil en haut puis en bas ?
    De plus est-il possible pour ma sœur de porter sa gouttière la nuit sur la partie supérieure en même temps qu’un appareil dentaire sur la partie inférieure. Peut-elle combiner ces 2 appareils sans complications, problèmes ?
    Je vous remercie de m’éclairer sur ces sujets. J’ai essayé d’en parler avec cet orthodontiste avec les arguments que je vous ai exposés et en lui disant que le moulage des dents de ma sœur fait en novembre 2010 montrait clairement qu’elle avait besoin d’un appareil même si l’ « urgence » était pour la partie supérieure de ces dents. Malheureusement l’orthodontiste ne veut rien « entendre ».
    Cordialement,

    • Bonjour, l’orthodontiste a dû vous faire un devis initial en 2010: qu’est-il marqué sur ce devis? De toutes façons je vous conseille de changer d’orthodontiste, celui-ci me parait malhonnête. Eventuellement, le nouvel orthodontiste vous dira ce qu’il faut faire avec le haut. Bien cordialement.DR.AH.

      • Merci pour votre réponse rapide. En 2010 et jusqu’à maintenant mon orthodontiste avait l’habitude de faire des devis par semestre. Sur ces devis il est uniquement inscrit le coût au semestre et le type d’appareil. Il n’est jamais mentionné la façon dont sera décomposée le traitement et la durée du traitement actif.
        J’envisageai de saisir l’ordre national des chirurgiens dentistes en dernier recours ou de voir avec CPAM ce qui pouvait être fait comme recours.
        Sinon je reviens sur la question posée précédemment si nous trouvons un terrain d’entente avec cet orthodontiste est-il possible pour ma sœur de porter sa gouttière la nuit sur la partie supérieure en même temps qu’un appareil dentaire sur la partie inférieure. Peut-elle combiner ces 2 appareils sans complications, problèmes ?
        Par avance merci

        • Pour répondre à votre question: à mon avis oui, mais c’est l’orthodontiste qui décide.
          Un praticien est dans l’obligation de vous faire un devis global initial, vous ne pouvez pas naviguer à la petite semaine sans savoir où cela va vous mener. Il doit vous faire un devis total avant de commencer un traitement et s’y tenir. Ce flou aboutit à la situation où vous êtes, et à mon avis vous n’avez aucun recours contre lui, puisqu’il n’a rien écrit…

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